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BCE et taux d'intérêt : statu quo monétaire en zone euro malgré des incertitudes

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Le 23 juillet 2026, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), réuni à Francfort, a décidé de maintenir inchangé son principal taux, le taux de dépôt, à 2,25%. Le recul du taux d'inflation en zone euro avec un taux à 2,8% en juin 2026, ainsi que les incertitudes macroéconomique et géopolitique ont motivé cette décision.

Le conflit dans le golfe Persique, qui a débuté en février 2026, a pour l'instant fait reculer la possibilité de baisse des taux dans la zone euro. En juin 2026, la Banque centrale européenne (BCE) a resserré les conditions monétaires afin de contenir la hausse du taux d'inflation, dans le sillage de la forte hausse des prix du pétrole. La réunion du 23 juillet 2026 s'est soldée par un statu quo monétaire.

L'inflation en baisse en zone euro à 2,8% sur un an

Les trois taux directeurs de la BCE, le taux de dépôt, celui des opérations principales de refinancement et celui de la facilité de prêt marginal restent à respectivement 2,25%, 2,40% et 2,65% en zone euro. Ce niveau est proche de sa moyenne de long terme et également assez proche de ce que la BCE considère être un niveau neutre pour l’économie.

Le mandat de la BCE est de garantir la stabilité de la monnaie commune. La baisse du taux d’inflation en zone euro à 2,8% (taux sur un an) en juin 2026, après 3,2% en mai, est l’argument principal de ce statu quo monétaire. Ce recul concerne tous les agrégats d’inflation, y compris l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire celle sans les variations de l’énergie et des produits alimentaires. En France, l’inflation a retrouvé en juin un niveau de 2% (après 2,8% en mai), ce qui est exactement le niveau cible que la BCE recherche.

Taux d'inflation annuel en zone euro
Juin 2025Janvier 2026Février 2026Mars 2026Avril 2026Mai 2026Juin 2026
2,0%1,7%1,9%2,6%3,0%3,2%2,8%

Source: Eurostat.

Prendre du recul pour mieux analyser les effets du choc énergétique

Si la présidente de la BCE s’est montrée très ferme dans sa conférence de presse quant à l’attitude de l’autorité monétaire face à l’inflation, le statu quo actuel sert surtout à se donner le temps d'examiner comment le choc énergétique peut se répercuter sur l'inflation. 

La très forte volatilité des cours du pétrole représente un important facteur d’incertitude : après avoir atteint 120 dollars le baril en avril 2026, les cours du pétrole ont chuté à 70 dollars en juin 2026 dans le sillage d’un pré-accord entre les États-Unis et l’Iran. Mais le retour des hostilités dans le golfe Persique avec une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz début juillet a fait remonter les cours à plus de 95 dollars au moment de la décision de la BCE.

  • La France importe 99% du pétrole brut qu'elle consomme.
  • Conflits, chocs pétroliers... les tensions internationales perturbent l'approvisionnement et entraînent une hausse des prix.
  • Comment faire face à ces risques ?
  • 1925 : la loi impose aux entreprises pétrolières nationales de constituer un stock de réserve.
  • 1992 : la France intègre l'AIE (Agence internationale de l'énergie).
  • Qu'est-ce que L'AIE ? 
  • Une organisation créée en 1974 à la suite du 1er choc pétrolier.
  • État membre de l'AIE, la France doit disposer en permanence de réserves équivalentes à 90 jours d'importations nettes d'hydrocarbures.
  • En 2009, l'Union européenne impose à ses États membres de constituer ce même niveau de réserves.
  • Objectif ? Débloquer une partie de ces réserves pour éviter rupture d'approvisionnement et hausse massive des prix.
  • Quels usages ? Transports, chauffage, électricité.
  • 89 sites de stockage stratégique sont répartis en France.

Le contexte international avec les problèmes d’approvisionnement liés aux tensions dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la hausse des droits de douane américains ajoutent d’autres points d’incertitude. 

Mais l’équation de la BCE se complique également par la forte variabilité des taux d’inflation entre les pays de la zone euro. En juin 2025, les taux se situaient entre 0,5% en Chypre et 5,8% en Roumanie. C’est près du double en cet été 2026 avec 1,1% en Suède et 9,2% en Roumanie, avec surtout l’Europe de l’Est qui souffre de taux élevés : 5,4% en Lituanie, 5,2% en Bulgarie ou encore 4,2% en Croatie.