Les missions locales ont été créées en 1982 à la suite du rapport de Bertrand Schwartz sur "l'insertion professionnelle et sociale des jeunes" de 16 à 21 ans. Le document, demandé par le Premier ministre, Pierre Mauroy, préconisait une politique d'ensemble portant à la fois sur la formation et l'emploi, l'accès à la santé et au logement ainsi qu'à la culture. Et, pour sa mise en œuvre, des équipes pluridisciplinaires, les missions locales, seraient le "pivot" des dispositifs au plus près des jeunes.
Dates clés
Ordonnance du 26 mars 1982 : lancement d'une expérimentation des missions locales pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans.
Circulaire du 9 avril 1982 : les missions locales sont créées sous forme d'associations, présidées par un élu et réunissant dans leurs instances, tous les partenaires de l'insertion (élus, administrations, partenaires économiques et sociaux et associations).
Loi du 19 décembre 1989 : cette loi donne une base législative à l’action des missions locales.
12 décembre 1990 : adoption de la charte des missions locales.
2000 : création du Syndicat national des missions locales et des permanences d'information et d'orientation.
21 février 2001 : signature de la Convention collective nationale des missions locales.
2003 : création de l’Union nationale des missions locales (UNML).
2005 : inscription des missions locales dans le code du travail (articles L5314-1 et suivants) en tant que membre du service public pour l’emploi.
2012 : gestion des emplois d’avenir par les missions locales.
2016 : le droit à l’accompagnement est inscrit dans la loi du 8 août 2016 avec le parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA) et la généralisation de la Garantie jeunes gérée par les missions locales.
1er mars 2022 : le contrat engagement jeune (CEJ) remplace la Garantie jeunes.
1er janvier 2024 : à la suite de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi qui a permis la création de France Travail en remplacement de Pôle emploi, les missions locales sont intégrées dans le "Réseau pour l’emploi". Ce réseau a pour principales missions : l'accueil, l'orientation, l'accompagnement, la formation, le placement des demandeurs d'emploi ou des personnes en difficultés sociales ou d'insertion ainsi que la réponse aux besoins des employeurs. Il réunit l'opérateur France Travail, l'État, les collectivités locales, les missions locales et Cap emploi.
Les 425 missions locales, présentes sur tout le territoire (6 800 sites) proposent un accompagnement global des jeunes entre 16 et 25 ans vers leur insertion sociale et professionnelle, notamment :
- repérer, accueillir, informer, orienter et accompagner les jeunes avec un parcours personnalisé vers l’emploi ;
- mobiliser l’offre d’insertion disponible sur un territoire avec les partenaires locaux ;
- soutenir les jeunes dans leur recherche d’emploi et d’orientation professionnelle, et mais aussi d’accès à la formation, à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité ;
- préparer les jeunes candidats à une offre d’emploi, aide au maintien dans l’emploi (soutien matériel, médiation jeune-employeur) et accompagnement post-emploi.
Environ 1,1 million de jeunes sont accompagnés, chaque année, par les missions locales.
Les missions locales proposent également des services aux entreprises :
- une aide au recrutement grâce à l’analyse des besoins de l’entreprise, la proposition de candidats et la construction d’une réponse individualisée (type de contrat, aides mobilisables, formation) ;
- un accompagnement et un suivi du jeune dans son emploi (intégration, bilans réguliers dans l’entreprise, notamment) ;
- la valorisation des entreprises locales (communication auprès des jeunes, par exemple).
Depuis le 1er mars 2022, le contrat d'engagement jeunes (CEJ) remplace la Garantie jeunes. Les missions locales, et France travail, proposent ce contrat aux jeunes de 16 à 25 ans et aux personnes de moins de 30 ans reconnues handicapées. Stages, formations, école de la deuxième chance, service civique..., les mesures facilitant l'insertion professionnelle sont accompagnées d'une allocation mensuelle.
Les équipes des missions locales évoquent des difficultés rencontrées pour mettre en place le dispositif avec un sentiment notamment de "concurrence" par rapport à Pôle emploi (France Travail depuis janvier 2024) qui propose aussi ce dispositif. En date de décembre 2022, le premier bilan du CEJ, remis par le Conseil d'orientation des politiques de jeunesse (COJ), préconise notamment de clarifier les rôles : critères d'orientation du jeune vers l’opérateur le plus adéquat, coordination des systèmes d’information, partage des bonnes pratiques entre conseillers CEJ.
Le deuxième rapport d’étape, publié en février 2024 par le COJ, estime que le dispositif peut être amélioré. Il dresse une liste de 39 recommandations autour de plusieurs enjeux (faciliter l'entrée des jeunes dans le dispositif, sécuriser et maintenir les jeunes dans les parcours CEJ, garantir l'accès à un emploi durable pour tous les bénéficiaires du CEJ) Il établit aussi plusieurs conditions de réussite de la mise en place du CEJ comme l’amélioration de la mobilisation des entreprises en faveur de l’employeurabilité des jeunes en situation de vulnérabilité.
Par ailleurs, un rapport de janvier 2026 de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) dresse le bilan du programme selon lequel le CEJ produit un effet légèrement positif sur la part de jours travaillés (+1,2%) par rapport à la Garantie Jeunes. Des effets différenciés peuvent aussi être observés selon les profils dans la mesure où les jeunes les moins qualifiés, les plus diplômés et ceux résidant en zone rurale semblent bénéficier plus fortement du CEJ que de la Garantie Jeunes. Toutefois, d'après le document, les bénéficiaires du CEJ auraient suivi la même trajectoire que les bénéficiaires de la Garantie jeunes.
La spécificité des missions locales est une prise en charge globale et au plus près des jeunes en difficultés d'insertion prenant en compte divers aspects de leur situation : formation, emploi, logement, santé.
Le réseau info jeunes comprend aussi des structures de proximité : les Centres régionaux information jeunesse, les Bureaux information jeunesse ou encore les Centre d'information et de documentation jeunesse (CIDJ). Mais ils s'adressent à tous les jeunes pour les informer sur la vie quotidienne (formation, loisirs, santé, logement) et les accompagner dans les démarches administratives et vers l'emploi.
Les services de France Travail sont davantage centrés sur l'accès à l'emploi. Bien qu'ils proposent des outils adaptés aux jeunes, l'accompagnement de France Travail ne porte pas sur l'ensemble des difficultés sociales que peuvent connaître certains jeunes (accès au logement par exemple). Cependant, des partenariats existent entre les missions locales et France Travail et les deux acteurs proposent le CEJ depuis mars 2022.