Sommet européen des 1er et 2 octobre : le point sur la situation internationale et le plan de relance

Parmi les sujets du Conseil européen extraordinaire des 1er et 2 octobre 2020 : les tensions en Méditerranée orientale entre la Turquie, la Grèce et Chypre. Mais aussi le plan de relance pour surmonter la crise avec comme objectifs majeurs : l'autonomie stratégique de l'UE et le maintien d'une économie ouverte.

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Salle du Conseil européen à Bruxelles.
Dans un monde où la politique de la puissance tend à s’imposer, l'Europe souhaite mettre plus fortement ses ressources au service d’une Europe géopolitique. © Pool/Reuters - stock.adobe.com

Dans sa lettre d'invitation, le président du Conseil européen Charles Michel avait affirmé que la "réunion extraordinaire (...) sera essentiellement axée sur la place de l'Europe dans le monde et sur notre capacité à forger notre propre destin."

Les chefs d'État et de gouvernement européens ont abordé, les 1er et 2 octobre 2020, un ordre du jour chargé comme en atteste les conclusions du sommet européen.

Le premier jour a été consacré aux relations internationales : la situation en Méditerranée orientale, les relations UE-Chine, la Biélorussie, le Haut-Karabakh, l’opposant russe Alexeï Navalny.

Le marché unique, la politique industrielle et le numérique ont été le centre des discussions au second jour. La crise du Covid-19 a révélé des failles dans le marché unique qui affaiblit le potentiel de l'Union. Des points faibles que les dirigeants cherchent à combler.

Les relations extérieures de l'Union

L'Union européenne a l'ambition de mieux se coordonner en matière de politique étrangère. Dans un monde où la politique de la puissance tend à s’imposer, l'Europe souhaite mettre plus fortement ses ressources au service d’une Europe géopolitique.

L'Union a abordé l'ensemble des questions de l'actualité internationale. Un débat stratégique sur la Turquie a notamment eu lieu. Le Conseil européen a exprimé "sa pleine solidarité avec la Grèce et Chypre", dont les droits souverains doivent être respectés. L'UE s'est par ailleurs félicitée des "mesures de confiance" qui ont été  prises par la Grèce et la Turquie le 23 septembre 2020. Enfin, le Conseil européen a appelé à la tenue d'une conférence multilatérale sur la Méditerranée orientale et il a invité le Haut représentant de l'Union à entamer des pourparlers concernant son organisation.

En ce qui concerne la Chine, "la nécessité de rééquilibrer les relations économiques" a été réaffirmée. Le Conseil européen a souligné également la profonde préoccupation que lui inspire la situation des droits de l'homme en Chine (situation à Hong Kong et traitement des minorités), comme cela avait été déjà évoqué lors du sommet UE-Chine du 14 septembre 2020.

Les dirigeants européens ont par ailleurs décidé la mise en œuvre de sanctions contre les responsables de la répression en Biélorussie.

Le marché unique, la politique industrielle et la transformation numérique

Avec la transition verte et la transition numérique, le Conseil européen a souligné non seulement les deux priorités économiques à importance égale pour la reprise économique de l'Union mais également leur imbrication étroite.

Les dirigeants européens attendent désormais aussi :

  • la proposition de la Commission européenne relative à une législation sur les services numériques d'ici la fin 2020 ;
  • la présentation par la Commission, d'ici mars 2021, d'une "boussole" définissant les ambitions numériques de l'UE à l'horizon 2030 ;
  • l'actualisation du cadre européen de la concurrence devant  répondre aux défis de la transition écologique, de la transformation numérique et de l'évolution du contexte mondial.

Les débats se sont déroulés dans un contexte de difficiles négociations autour du budget pluriannuel de 1 000 milliards d'euros et la capacité d'emprunts de 750 milliards destinée au plan de relance post-coronavirus.