Sommet social de Porto : quels objectifs pour l'Union européenne d'ici 2030 ?

Les 7 et 8 mai 2021 s'est déroulé le Sommet social de Porto dans le cadre de la présidence portugaise de l'Union européenne. S'inscrivant dans la continuité du Sommet de Göteborg de 2017, cette rencontre européenne avait pour objectif de déterminer les orientations de l'Union en terme de politique sociale pour les années à venir.

Panorama de la ville de Porto au Portugal.
À Porto, les participants européens se sont engagés à réaliser trois objectifs majeurs dans le cadre du Plan d’action pour la mise en place d'un socle européen des droits sociaux. © joyt - stock.adobe.com

En 2017, les dirigeants européens s’étaient réunis pour entériner le Socle européen des droits sociaux (SEDS) qui comprenait 20 principes devant guider l’agenda social européen.

Le Sommet social de Porto s'est déroulé 7 et 8 mai 2021, sous la présidence portugaise de l'Union européenne (UE). Il a rassemblé les chefs d'État et de gouvernement des États membres, la présidente de la Commission européenne et les commissaires dotés de compétences dans le domaine social, le président du Conseil européen, le président du Parlement européen, les représentants des groupes politiques du Parlement européen, les partenaires sociaux européens ainsi que les représentants de la société civile.

Au-delà d’une impulsion politique, ce Sommet social a ainsi permis l’engagement non seulement des institutions européennes et des États membres, mais aussi des entreprises, des syndicats et de la société civile envers la mise en œuvre du SEDS.

Trois objectifs majeurs pour 2030

La Commission européenne avait présenté, le 4 mars 2021, un Plan d’action pour la mise en œuvre du Socle européen des droits sociaux ainsi qu’une recommandation pour un soutien à l’emploi à la suite de la crise liée à la pandémie de Covid-19. À Porto, les participants se sont ainsi engagés à réaliser trois objectifs majeurs dans le cadre du Plan d’action à l'horizon 2030 :

  • au moins 78% des personnes âgées de 20 à 64 ans devraient avoir un emploi ;
  • au moins 60% des adultes devraient participer à des activités de formation chaque année ;
  • le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale devrait diminuer d'au moins 15 millions, dont au moins 5 millions d'enfants.

Si l’ensemble des dirigeants européens soutiennent le Plan d’action de la Commission, la question de l’harmonisation des salaires minima demeure un sujet qui divise. Les pays du sud comme la France, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, y sont favorables tandis que les pays du nord et de l’est restent attachés à leur modèle. En effet, les pays du nord de l'UE semblent satisfaits de la négociation collective alors que ceux de l'est craignent de perdre leur compétitivité. 

Un plan pour l’emploi

La pandémie a provoqué une crise socio-économique profonde. Jusqu’à présent, la réponse conjointe des États membres a été de préserver l’emploi, même si le chômage et les inégalités devraient continuer à augmenter. 

Par le biais de la recommandation concernant le soutien à l'emploi à la suite de la crise du Covid-19, la Commission a fourni aux États des orientations pour préserver l'emploi ainsi que de nouvelles mesures favorisant une reprise génératrice d'emplois.

Ces mesures européennes comportent trois éléments :

  • des incitations à l'embauche et un soutien à l'entrepreneuriat ;
  • des possibilités de perfectionnement professionnel et de reconversion ;
  • un soutien renforcé des services de l'emploi.