Transport maritime : recul des émissions de CO2 dans l’Union européenne

Les émissions de CO2 du transport maritime ont diminué de 26% dans l’Union européenne depuis 1990. Mais des efforts restent à faire pour réduire l'impact environnemental du secteur qui devrait connaître une forte croissance au cours des prochaines décennies.

Port d'Attica en Grèce.
Porte-conteneurs, superpétroliers, bateaux de croisières... Ces navires géants peuvent causer de nombreux dommages environnementaux. © aerial-drone - stock.adobe.com

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) ont présenté leur premier rapport sur l’impact du transport maritime européen sur l'environnement

En 2018, le transport maritime a produit 13,5% des émissions totales de gaz à effet de serre de l'Union européenne (UE), loin derrière le transport routier et le transport aérien. 

Que cela soit pour le transport de marchandises ou pour le tourisme, le secteur joue un rôle essentiel dans l'économie mondiale. Près de 77% du commerce extérieur européen et 35% des échanges entre les États membres de l’UE se font par voie maritime. 

Quel est l'impact du transport maritime sur l'environnement ?

Porte-conteneurs, superpétroliers, bateaux de croisières... Ces navires géants peuvent causer de nombreux dommages environnementaux immédiats et à long terme :

  • émissions de gaz à effet de serre : les navires européens ont généré autour de 140 millions de tonnes d’émissions de CO2 en 2018, soit environ 18% des émissions liées au transport maritime international ; 
  • pollution atmosphérique pouvant nuire à la santé humaine : les émissions de dioxyde de soufre (SO2) des navires faisant escale dans les ports européens ont atteint environ 1,63 million de tonnes en 2019, soit environ 16% des émissions mondiales ;
  • bruit causé par les moteurs et les hélices des navires qui perturbent les animaux marins, en particulier les cétacés (dauphins, baleines) qui utilisent des sons pour communiquer entre eux. Le transport maritime a contribué à doubler les niveaux sonores sous-marins dans les eaux de l'UE entre 2014 et 2019 ; 
  • transport d'espèces exotiques invasives pouvant constituer une menace pour la biodiversité, la santé humaine et nuire aux économies locales. Le secteur maritime est responsable de l'introduction de la moitié de toutes les espèces non indigènes dans les mers européennes depuis 1949 ;
  • pollution par les hydrocarbures et les déchets marins : si la quantité de pétrole transportée par la mer n'a cessé d'augmenter, le nombre de déversements d'hydrocarbures décline. Depuis 2010, trois grandes marées noires se sont produites dans les mers européennes sur un total de 18 grandes marées noires à l'échelle mondiale.

Vers un transport maritime plus durable

Malgré une baisse de l’activité maritime en 2020 due au Covid-19, le transport maritime devrait connaître, dans les prochaines décennies, une forte croissance qui pourrait augmenter ses émissions de CO2 d'environ 90 à 130% d'ici 2050, selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Des solutions se mettent progressivement en place afin de réduire l’impact environnemental du secteur. La grande majorité des navires faisant escale dans l'UE ont réduit leur vitesse de 20% par rapport à 2008, ce qui a permis de consommer moins de carburant. Les émissions de CO2 provenant du transport maritime ont diminué de 26% depuis 1990. Cette baisse est également liée au renouvellement de la flotte qui répond aux dernières normes environnementales. 

Des progrès ont été réalisés en ce qui concerne les émissions de polluants atmosphériques grâce à l'adoption d'une législation européenne plus stricte. La teneur en soufre dans le carburant des navires est réglementée dans l'UE et régulièrement revue à la baisse. Des zones de contrôles dans la mer du Nord et la mer Baltique ont permis de réduire de manière significative ces émissions. 

Mais le secteur maritime de l'UE doit encore intensifier ses efforts pour atteindre les objectifs du pacte vert et viser la neutralité carbone à l'horizon 2050. D'autres pistes sont à l’étude pour décarboner le secteur comme l'installation de bornes électriques à quai pour fournir une énergie propre aux navires dans les ports, ou encore l'utilisation de carburants durables comme les biocarburants, l'électrique ou l'hydrogène.