Fonction publique territoriale : des difficultés pour recruter

Bas salaires, métiers méconnus, concurrence avec le secteur privé… Une étude expose les difficultés rencontrées par les collectivités territoriales pour recruter des agents dans certains emplois de la fonction publique territoriale (FPT).

Montage photo de différents métiers concernant la fonction publique territoriale.
Les recrutements sont plus difficiles pour les petites communes (de moins de 500  habitants) en raison du risque d’isolement. © Fanfan/Kadmi/Alex Pin - stock.adobe.com/La Rédaction

Globalement, une dizaine de métiers éprouve des difficultés à attirer des candidats, dont ceux par exemple de secrétaire de mairie, de travailleur social, d'agent technique, de cuisinier ou encore de comptable.

L’étude publiée en janvier 2022 sur l'attractivité de la fonction publique territoriale constate que 39% des employeurs territoriaux disent éprouver des difficultés à attirer des candidats en 2021, soit 9% de plus qu’en 2015.

Au 1er janvier 2020, les 42 300 employeurs territoriaux emploient 1 968 000 agents (soit près de 7% de la population active), dont 75% sont des fonctionnaires. Les trois-quarts de ces fonctionnaires sont des agents de catégories C.

Des disparités d'attractivité avec le secteur privé et entre collectivités

Toutes les collectivités territoriales ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés de recruter. Les grandes agglomérations, dans lesquelles la vie est plus chère, peinent à attirer des candidats. En effet, plus de la moitié de l’effectif global de la fonction publique territoriale (FPT) est constitué d’emplois de catégories C, dont la rémunération mensuelle est de 1 828 euros nets en 2019 selon les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Les recrutements sont aussi plus difficiles pour les petites communes (de moins de 500 habitants) en raison du risque d’isolement. En revanche, le recours à l’emploi public en outre-mer est très utilisé dans un contexte marqué par un marché de l’emploi sous tension.

La concurrence de certains emplois territoriaux avec ceux du secteur privé joue aussi un rôle important. L'écart de rémunération agit d’autant plus en défaveur des emplois territoriaux que les possibilités d’évolution dans le secteur privé sont plus grandes que dans le secteur public. Les recrutements d’informaticiens et de techniciens sont particulièrement touchés.

Il existe également une concurrence entre collectivités. Par exemple, la ville de Strasbourg a indiqué être pénalisée par les augmentations salariales au sein de la région Alsace et du département du Bas-Rhin à la suite des évolutions récentes de ces collectivités. Ce type de concurrence touche notamment les emplois de policiers municipaux.

De même, d’autres facteurs tels que la rigidité du management public, la méconnaissance des métiers de la FPT ou l’exposition aux risques professionnels, sont avancés par l’étude.

Rendre la fonction publique territoriale plus attractive

Face à ces constats, l’étude, menée par Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, Corinne Desforges, inspectrice générale de l’administration et Mathilde Icard, présidente de l’association des DRH des grandes collectivités, formule 27 recommandations pour permettre en particulier de :

  • traiter le sujet des rémunérations en augmentant régulièrement les plus bas salaires et en valorisant les progressions de carrière ;
  • impliquer davantage les exécutifs locaux dans la gestion des ressources humaines et dans la négociation salariale menée avec le gouvernement ;
  • favoriser l’accès au logement des personnels de la FPT en Ile-de-France, en Provence-Côte d’Azur, en Rhône-Alpes où les loyers sont très élevés pour des agents de catégorie C ;
  • faire connaître les métiers en mobilisant les principaux acteurs territoriaux tels que les grandes collectivités ou Pôle emploi afin qu’ils initient une campagne ambitieuse d’information.