Fonction publique : quelles perspectives salariales ?

La conférence sur les perspectives salariales dans la fonction publique dresse le bilan des mesures salariales prises par le gouvernement depuis quatre ans. La conférence qui s’est déroulée entre septembre 2021 et février 2022 formule également des pistes de réflexion permettant d’améliorer l’attractivité des métiers de la fonction publique.

Secrétaire médicale dans la pharmacie d'un hôpital.
Au premier rang des sujets abordés, la revalorisation du point d’indice a fait l’objet d’une expression favorable et unanime des organisations syndicales. © phat1978 - stock.adobe.com

La conférence sur les perspectives salariales a réuni l’ensemble des organisations syndicales et les représentants des employeurs publics durant six mois. Publié le 14 mars 2022, le rapport qui synthétise les travaux de la conférence propose de développer l’attractivité des métiers de la fonction publique en agissant sur la rémunération, l’égalité femmes/hommes et en améliorant le statut de contractuel.

La publication de ce rapport intervient en même temps que l’annonce dans la presse, par la ministre de la transformation et de la fonction publiques, de la fin du gel de la valeur du point d’indice dans la fonction publique, à compter de l’été prochain.

Une fonction publique globalement moins attractive

Les organisations syndicales et les représentants des employeurs publics ont unanimement partagé le constat d’une fonction publique globalement moins attractive, selon les termes du rapport. Les principaux facteurs qui expliquent ce constat sont le niveau de rémunération, la zone géographique et les conditions de travail dans certains secteurs (comme la fonction publique hospitalière).

Face à ces constats, les participants à la conférence établissent des pistes, financières ou non financières, pour améliorer l’attractivité des métiers de la fonction publique. Au premier rang des sujets abordés, la revalorisation du point d’indice a fait l’objet d’une expression favorable et unanime des organisations syndicales. On trouve parmi les autres pistes dégagées par les participants à la conférence :

  • le développement des recrutements sans concours pour les postes peu attractifs géographiquement ;
  • le déploiement d'une communication de la fonction publique territoriale (FPT) pour améliorer le recrutement notamment en créant une marque employeur "Service public" ;
  • la valorisation des qualifications professionnelles.

Comment réduire les inégalités de salaire entre hommes et femmes ?

L’écart de salaire entre femmes et hommes est de 12,3% en 2019 dans la fonction publique. Même s’il est moins élevé que dans le secteur privé (16,8%), les participants se sont accordés pour constater l’existence de choix d’orientations professionnelles encore très genrées ayant une conséquence sur le niveau des rémunérations. Ainsi, cet écart s’explique en partie par :

  • une surreprésentation des femmes au sein des emplois les moins rémunérés (comme les métiers de la filière sociale) ;
  • le temps de travail des femmes, plus faible que celui des hommes car elles occupent plus de temps partiels.

Toutefois, l’ensemble des participants s’est largement opposé à l’instauration de quotas par sexe dans la fonction publique, "la discrimination positive ne leur paraissant pas une méthode adaptée". Au-delà des actions incitatives, la mise en œuvre d’engagements obligatoires et mesurables est qualifiée de nécessaire.

Par ailleurs, le statut des agents contractuels a fait l’objet d'une réflexion sur d’éventuelles mesures spécifiques telles que :

  • des garanties minimales d’évolution de la rémunération ;
  • un réel parcours de carrière.