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Zone euro : la BCE maintient son principal taux à 2%, l'euro monte encore

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Inflation sous contrôle et de plus en plus faible, croissance résiliente : la Banque centrale européenne (BCE) note que tout est réuni pour maintenir son principal taux à 2% en zone euro. En même temps, l'euro poursuit son appréciation face au dollar.

La Banque centrale européenne (BCE), en réunion le 5 février 2026 à Francfort, a décidé de ne pas modifier ses taux directeurs. Son principal taux, le taux de dépôt reste à 2%, le taux fixe auquel les banques peuvent obtenir de l'argent auprès de la BCE reste quant à lui à 2,15%. Depuis le 5 juin 2025, les taux directeurs en zone euro sont à ce niveau. 
 

Un cadre monétaire neutre

En tant que gardienne de la stabilité de la monnaie unique, la BCE s'est fixée une cible de taux d'inflation à moyen terme de 2%. Avec un taux d'inflation annuel tombé à 1,7 % en janvier 2026, après 2% en décembre 2025, la BCE a donc atteint son objectif. S'agissant des composantes, les aliments non transformés et les services, source d'inquiétudes en 2025, ne le sont plus guère en ce début de 2026.

Depuis août 2024, l'inflation en zone euro oscille autour de 2%, la phase de forte dépréciation monétaire de 2022-2023 s'éloignant désormais. La zone euro enregistre également une bonne nouvelle du côté de la croissance. Sur 2025, le PIB a augmenté de 1,5% après 0,9% en 2024 et 0,5% en 2023. C'est supérieur à la moyenne annuelle de 1,1% enregistrée entre 2005 et 2024. L'actuel niveau des taux est donc neutre pour l'économie et suffisant pour contenir l’inflation, estime la BCE.

Taux de croissance en Zone euro et aux États- Unis (en %)
 201620172018201920202021202220232024Moyenne 2005-2024
Zone euro1,82,61,81,6-6,06,33,50,50,91,1
États-Unis1,82,53,02,6-2,26,12,52,92,92,0

Source: Eurostat.

Taux, monnaie, croissance : la zone euro face aux États-Unis

Aux États-Unis, l'environnement monétaire reste plus restrictif : lors de sa réunion du 28 janvier 2026, la Banque centrale américaine, la Fed a également maintenu ses taux, mais à une fourchette comprise entre 3,5% et 3,75%, donc plus élevée qu'en zone euro.

Malgré ce différentiel en faveur du dollar, l'euro poursuit son appréciation : la monnaie unique s'échange désormais à environ 1,20 dollar pour un euro. Sur les douze derniers mois, cela correspond à une appréciation d'environ 15% face au dollar. Elle est bénéfique pour le pouvoir d'achat des consommateurs et les entreprises importatrices, car elle rend les importations en provenance des États-Unis moins chères, mais pèse sur les exportateurs européens.

 

En termes de croissance, l'Europe reste néanmoins toujours derrière les États-Unis. Malgré la hausse des droits de douane par l'administration américaine et l'arrêt des activités du gouvernement fédéral (shut down), la BCE a révisé à la hausse ses estimations de croissance des États-Unis pour 2025, au-delà de celle de la zone euro. Ainsi, la tendance observée maintenant depuis bientôt vingt ans en défaveur de la zone euro demeure.