Une étude publiée le 9 juillet 2026 par le Défenseur des droits analyse l’accès aux droits des personnes en situation de précarité en 2024. Cette étude s’appuie sur une enquête menée d’octobre 2024 à janvier 2025 auprès de 5 030 résidents de l’Hexagone âgés de 18 à 79 ans.
Les multiples visages de la précarité
Par rapport au reste de la population, les individus exposés au risque de précarité sont plus souvent :
- éloignés du marché du travail. En emploi, ils ont plus fréquemment un contrat à durée limitée ;
- non diplômés ou titulaires d’un diplôme inférieur au baccalauréat ;
- membres d’une famille monoparentale ;
- locataires de leur logement ;
- résidents de quartiers prioritaires de la politique de la ville ;
- de santé fragile ;
- au sein d’un foyer bénéficiaire d’au moins une prestation sociale ;
- de nationalité étrangère (ou perçus comme noirs, arabes ou maghrébins.
Un accès aux droits entravé
Les personnes en situation de précarité rencontrent des obstacles pour accéder :
- à l’emploi et au logement. 29% s’estiment discriminées dans leur recherche d’emploi (contre 10% du reste de la population), et 29% dans le déroulement de leur carrière (contre 17%). 48% ont cherché un logement à louer durant les cinq dernières années (contre 24% du reste de la population) et 51% n’en ont pas trouvé (contre 27%) ; 41% ont essuyé des refus sans raison valable au cours de leur recherche (contre 22%) ;
- aux services publics, à la sécurité et aux soins, malgré des besoins plus importants. 25% ont souvent du mal à effectuer des démarches administratives, contre 15% du reste de la population. 31% se disent moins bien traitées que les autres patients dans leurs parcours de soins (contre 12% du reste de la population). 40% ont fait l’objet d’un refus de dépôt de plainte ou de main courante (contre 18%). Ces personnes rapportent plus de contrôles d’identité et de comportements non déontologiques de la part des forces de sécurité.
61% des individus exposés à la précarité déclarent avoir été discriminés dans plus de deux domaines au cours des cinq dernières années, contre 35% du reste de la population. Ces discriminations tendent à se cumuler.
Faire valoir ses droits en situation de précarité
L’accumulation des atteintes aux droits dont sont victimes les personnes en situation de précarité nourrit le non-recours. Seules 32% engagent des démarches pour faire reconnaître une atteinte à leurs droits, comme le reste de la population. 36% ont déjà renoncé à un droit auquel elles pouvaient prétendre (contre 21%), et 53% à des soins dont elles estimaient avoir besoin (contre 30%). 77% d’entre elles expliquent le non-recours aux soins par des raisons financières, contre 62% du reste de la population.