Image principale 1
Image principale 1
© JinnaritT / Stock-adobe.com

Politique familiale : un rapport interroge l'efficacité des dépenses

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Dans un contexte de baisse de la natalité, un rapport commandé par le Premier ministre opère une revue des dépenses de la politique familiale. Les dispositifs mis en œuvre sont nombreux et ils représentent aujourd’hui un coût qui s'élève à 3,4% du PIB.

Le rapport conjoint de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), publié le 24 juillet 2026, dresse un état des lieux des différents dispositifs de la politique familiale et évalue leur efficacité au regard des objectifs de la politique familiale (compensation du coût de l'enfant, soutien aux familles vulnérables, conciliation entre vie familiale et vie professionnelle). Malgré la baisse de la natalité (et une baisse potentielle des bénéficiaires de la politique familiale), la France a vu les dépenses associées à ses politiques familiales progresser de 4,5% par an en moyenne depuis 2021. 

En 2024, le coût de cette politique s’élève à 119,2 milliards d’euros (Md€), hors charges de gestion.

3,4% du PIB pour un résultat contrasté

La France consacre 3,4% de son produit intérieur brut (PIB) dans ses politiques familiales contre 2,4% en moyenne pour les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et 2,7% pour les pays de l’Union européenne. Seuls quelques pays comme l’Islande (3,8%) et la Pologne (3,6%) dépensent davantage. La dépense de la France se partage ainsi :

  • 40,2 Md€ pour les prestations familiales (allocations...) ;
  • 26,9 Md€ pour les services aux familles (crèches...) ;
  • 17,2 Md€ pour les dispositifs fiscaux (quotient familial, crédits d'impôt...) ;
  • 34,9 Md€ pour d’autres prestations (congé maternité, majoration des pensions de retraite, aides au logement...).

Le périmètre des politiques familiales est composé de 36 dispositifs. Plusieurs instruments contribuent simultanément à des finalités différentes (redistribution horizontale, redistribution verticale, soutien à la natalité, compensation de charges spécifiques). 

Selon le rapport, la faible articulation des dispositifs entre eux génère des incohérences. À cela s’ajoute une fragmentation des acteurs chargés de la politique familiale (directions des ministères sociaux, Caisse nationale des allocations familiales, Direction générale des finances publiques...). Cette multiplicité est peu lisible pour les bénéficiaires et les politiques familiales produisent finalement des effets limités sur la natalité. Le nombre de naissances a reculé de 23,6% entre 2010 et 2025 en France pour s’établir à 645 000, le solde naturel devenant même négatif en 2025. 

Quelles propositions pour une plus grande efficacité ?

Les mesures proposées par le rapport ont pour objectif de produire un gain annuel de 4,2 Md€ à horizon de 10 ans. Par exemple, la suppression de la majoration de 10% de la pension de retraite pour les personnes ayant eu au moins 3 enfants (et son remplacement par un forfait) pourrait permettre un gain de 1,1 Md€.

Parmi les autres mesures phares du rapport :

  • prendre en compte les ressources parentales dans le calcul des aides pour le logement (APL) lorsque l’enfant fait partie du foyer fiscal. Cela conduirait à réaliser à des économies à hauteur de 550 millions d'euros (M€) ;
  • baisser de 20% les seuils de passage à la deuxième et la troisième tranche des allocations familiales. Cette baisse de 20% des plafonds de ressources associés à la dégressivité des allocations affecterait 591 000 ménages, pour une baisse des dépenses sociales de 530 M€ ;
  • supprimer la réduction d’impôt pour frais de scolarité (enseignement secondaire et enseignement supérieur). Cette mesure génèrerait 450 M€ de recettes supplémentaires.

Pour simplifier l’architecture des dispositifs, le rapport propose d’engager davantage de sommes vers la conciliation de la vie professionnelle et de la vie personnelle :

  • par le soutien au développement de l’offre périscolaire et extrascolaire, qui devrait être ciblé sur les territoires où des insuffisances perdurent ;
  • en revalorisant le financement des crèches et en renforçant la capacité des Caf à préserver les capacités d’accueil actuelles ;
  • en améliorant l’attractivité des métiers de la petite enfance, notamment en Ile-de-France.

Par ailleurs, le rapport émet trois scénarios d'amélioration du système actuel en fonction des priorités que fixeront les pouvoirs publics. L'un d'entre eux consiste à mener une réflexion sur l'allongement des congés à destination des parents après la naissance de l’enfant.