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Forêts françaises : entre extension de la surface forestière et état de santé dégradé

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

L'Inventaire forestier national décrit depuis 1958 les écosystèmes forestiers et la ressource en bois des forêts françaises. L'édition 2026 met en lumière les effets croissants du changement climatique sur les massifs forestiers de l'Hexagone et de la Corse.

L'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) a publié, le 7 octobre 2026, les résultats 2026 de l'Inventaire forestier national qui portent sur la période 2021-2025.

La surface forestière poursuit son extension

En France hexagonale et en Corse, la forêt couvre 17,7 millions d’hectares, soit 32% du territoire (contre 19% en 1908). Les trois quarts appartiennent à des propriétaires privés. Quatre départements (contre 18 en 1908) ont un taux de boisement inférieur à 10% (la Manche, la Vendée, la Mayenne, les Deux-Sèvres) et sept départements (aucun en 1908) un taux au moins égal à 60%.

La superficie forestière augmente depuis près de deux siècles. Elle atteignait 10 millions d’hectares en 1908, 14,1 millions en 1985 et gagne 100 000 hectares par an depuis 2010.

Depuis 1985, le stock de bois vivant est passé de 1,8 à 2,9 milliards de mètres cubes (+60%) Les feuillus en représentent 65%, et les conifères 35% (39% en 1985). Les chênes constituent 44% du volume des feuillus, et l’épicéa commun et le sapin pectiné 39% du volume des conifères (43% en 2015).
 

 

Mais l'état sanitaire des forêts se dégrade

Sur la période 2021-2025, l’IGN recense 9% d’arbres altérés, dont 25% morts depuis moins de cinq ans. Les taux d’altération sont particulièrement élevés dans le Nord-Est. Les espèces les plus touchées sont le frêne (l’espèce présente 25% d’arbres altérés), le châtaignier (22%), l’épicéa commun (11%) et le chêne pédonculé (10%).

La mortalité annuelle des arbres s’élève en moyenne à 18,1 millions de mètres cubes (Mm³) sur la période 2016-2024 (contre 7,4 Mm³/an sur 2005-2013), soit 0,6% du volume de bois vivant. La hausse de la mortalité résulte notamment de la multiplication des sécheresses et des canicules, qui affaiblit les arbres et favorise les insectes xylophages (scolytes…). Par ailleurs, des maladies fongiques importées affectent le frêne et le châtaignier.

Stabilité de la production biologique et des puits de carbone

La production biologique annuelle moyenne de bois, stable depuis quelques années, s’élève à 88,7 Mm³ entre 2016 et 2024 (contre 91,5 Mm³/an de 2005 à 2013 avec une surface forestière moindre). Elle reste supérieure aux pertes liées à la mortalité et aux prélèvements, permettant au volume de bois de continuer à croître sur la période (+20 Mm³ par an).

Les arbres absorbent le carbone dans l’atmosphère et le stockent dans le bois. Les 11,5 milliards d’arbres recensés en 2025 forment un stock de 1 376 millions de tonnes (Mt) de carbone. Ce stock s’accroît (+23% depuis 2009), réduisant la quantité de CO2 de l’atmosphère et contribuant à atténuer l’effet de serre.

Le bilan national s’établit à 39 Mt de CO2 séquestrées chaque année sur la période 2016-2024 (contre 63 Mt entre 2005 et 2013), ce qui correspond à 10,5 Mt de carbone supplémentaires stockées par an (17,2 Mt durant la période précédente). L’augmentation du stock de carbone ralentit à cause des aléas climatiques et sanitaires.

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