Renforcement des liens avec le Canada et de la sécurité européenne, dialogue avec la Chine, crises migratoires, Kids Act, intelligence artificielle (IA), électrification, canicules... La présidente de la Commission européenne a prononcé, le 16 septembre 2026, son discours sur l'état de l'Union dans lequel elle présente les priorités de l'Union européenne (UE) pour l'année à venir. Ce discours s'est déroulé devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Le Canada, premier "membre associé" de l'UE
Cette année, l'invité spécial du discours sur l'état de l'UE était le Premier ministre canadien Mark Carney.
Cette invitation fait suite au rapprochement entre le Canada et l'UE. En mai 2026, le Canada était devenu le premier pays non européen à participer au sommet de la Communauté politique européenne à Erevan en Arménie.
Dans la lignée de ce rapprochement, Ursula von der Leyen a annoncé qu'elle "ouvrait la porte" à la possibilité de faire du Canada le tout premier "membre associé" de l'UE.
Elle a également souligné leurs convergences sur des sujets majeurs tels que le réchauffement climatique, l'Arctique ou le soutien à l'Ukraine.
Enfin, elle a affirmé que les échanges commerciaux de biens entre l'UE et le Canada ont augmenté de 75% en moins de dix ans grâce à l'Accord économique et commercial global (AECG), plus connu sous le nom de CETA.
Renforcement de la sécurité européenne contre la menace russe
Face à la menace russe et aux différentes attaques survenues dans les États membres de l'UE, comme celle de Leipzig, la présidente de la Commission a confirmé la position de l'UE.
Elle a donc réaffirmé le plein soutien de l'UE à l'Ukraine, aussi bien sur le plan humanitaire que militaire et annoncé vouloir durcir les sanctions prononcées à l'encontre de la Russie.
De plus, elle a indiqué vouloir créer un "protocole d'urgence" en matière de sécurité afin d'apporter une réponse européenne coordonnée en cas d'attaque contre un État membre de l'UE. Ce protocole serait inspiré de l'article 4 du Traité de l'Atlantique Nord selon lequel les parties doivent se consulter "chaque fois que l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties est menacée".
Face à cette situation, la présidente de la Commission a annoncé le projet d'un "Conseil de sécurité européen" qui intégrerait aussi des partenaires de l'UE tels que le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada ou l'Ukraine.
Un Kids Act pour mieux protéger les mineurs face aux écrans ?
Une des autres principales annonces du discours sur l'état de l'UE est la proposition de la Commission de créer le Kids Act.
Le but de ce texte serait de mieux protéger les mineurs face aux multiples dangers des écrans (accès à des contenus choquants, cyber-harcèlement, troubles du sommeil, anxiété...).
L'objectif serait aussi d'adapter l'utilisation des réseaux sociaux en fonction de l'âge du mineur :
- pour les mineurs de moins de 13 ans : aucun accès aux réseaux sociaux ;
- pour les mineurs de 13 et 14 ans : accès à des "mini comptes" configurés par les parents (avec des fonctionnalités restreintes et une durée d'utilisation limitée à une heure par jour) ;
- pour les mineurs dont l'âge se situe entre 15 et 18 ans, les plateformes devront obligatoirement sécuriser l'accès (safe design).
Ursula von der Leyen souhaite ainsi faire peser la charge de la preuve sur les plateformes. "C'est à l'UE de dicter les règles" a-t-elle affirmé.
Dialogue avec la Chine, crises migratoires, IA, électrification, canicules... : de nombreuses autres priorités pour l'UE
Par ailleurs, Ursula von der Leyen a annoncé :
- la besoin de renforcer le dialogue avec la Chine afin de rééquilibrer les relations commerciales (le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine s'élève à 1 milliard d'euros par jour) ;
- un nouveau mécanisme européen d'urgence relatif aux crises migratoires pour que l'Europe puisse "protéger ses frontières à tout moment" ;
- un respect de l'État de droit indérogeable ;
- une présentation prochaine d'un plan européen contre les vagues de chaleur ;
- une présentation en novembre 2026 d'initiatives visant à encadrer l'utilisation de l'IA dans différents secteurs ;
- la proposition d'un "paquet bancaire" pour aider la croissance dans l'UE ;
- la volonté d'accélérer l'électrification de l'UE et de mettre fin progressivement à la dépendance aux énergies fossiles.