Rapport d'information (…) relatif aux enseignements de la quatrième vague épidémique outre-mer en matière sanitaire et économique

Auteur(s) moral(aux) : Sénat

Présentation

Le variant delta, plus contagieux et plus virulent, a touché en outre-mer des populations moins affectées par les vagues précédentes, et donc moins immunisées, beaucoup moins vaccinées qu’en métropole (entre 20 et 35 points de moins selon les territoires), plus exposées en raison de comorbidités plus fréquentes : surpoids et obésité, diabète, hypertension ...

Le bilan de cette 4ème vague est extrêmement lourd : les outre-mer représentent 4% de la population française, mais plus de 30% des décès liés au covid et survenus en milieu hospitalier de début juillet à fin octobre. Le nombre des décès à domicile, qui n’est pas comptabilisé à ce stade, alourdit plus encore le bilan.

C’est en Martinique, en Guadeloupe et en Polynésie française que la mortalité a été la plus élevée. À l’issue d’un déplacement aux Antilles, la mission d’information constate que l’hostilité, les réticences ou les doutes vis-à-vis du vaccin y trouvent un écho beaucoup plus important que dans l’hexagone pour de multiples raisons : préférence pour la pharmacopée traditionnelle, expérience des risques naturels relativisant ceux liés au virus, place démesurée des réseaux sociaux, vecteurs de fausses informations, défiance d’une partie de la population vis-à-vis de l’État et de la parole officielle, pour des motifs tenant à l’histoire et au scandale sanitaire de la chlordécone, instrumentalisation de la question vaccinale par des mouvances politiques y voyant des opportunités de déstabilisation. La contestation de l’obligation vaccinale des soignants accentue le clivage entre vaccinés et non-vaccinés.

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Sommaire

AVANT-PROPOS

I. LES ENSEIGNEMENTS D’UNE CRISE SANITAIRE SANS PRÉCÉDENT DEPUIS LE DÉBUT DE LA PANDÉMIE

A. FACE AU VARIANT DELTA, DES TERRITOIRES MOINS IMMUNISÉS ET UNE VAGUE ÉPIDÉMIQUE PLUS FORTE QUE DANS L’HEXAGONE
1. Des territoires moins touchés par les vagues précédentes, mais également moins vaccinés que l’hexagone
2. Une population globalement plus vulnérable en raison de ses caractéristiques de santé
3. Une surmortalité dramatique aux Antilles et en Polynésie française, très élevée en Nouvelle-Calédonie et en Guyane

B. UNE CRISE EXCÉDANT LES CAPACITÉS SANITAIRES DES TERRITOIRES UTRAMARINS
1. Le recours indispensable aux renforts nationaux et à des évacuations sanitaires vers l’hexagone, malgré une mobilisation exceptionnelle des moyens locaux
2. Des capacités inégales à surmonter la crise
a) Une situation proche de la médecine de catastrophe aux Antilles face à un « tsunami » épidémique
b) Des conditions très tendues en termes de ressources humaines dans tous les autres territoires


C. DES VULNÉRABILITÉS ENCORE TROP IMPORTANTES FACE AU RISQUE D’UNE PROBABLE REPRISE ÉPIDÉMIQUE
1. Une amélioration progressive de la situation sanitaire
2. Une couverture vaccinale encore insuffisante pour prévenir une 5ème vague
3. Des freins puissants à la vaccination aux Antilles
a) De nombreux facteurs de défiance vis-à-vis de la vaccination
b) Une tension sociale qui fige les positions au sein de la population
c) Des autorités en difficulté face à l’activisme antivaccinal
d) Des ressorts comparables en Guyane

4. Une mise en œuvre difficile de l’obligation vaccinale dans le secteur sanitaire

D. DOTER LES OUTRE-MER DE CAPACITÉS SANITAIRES PLUS ROBUSTES À COURT ET À MOYEN TERME
1. Une mobilisation pour la vaccination à accentuer et à cibler
2. Des situations de crise à mieux anticiper
3. Des infrastructures hospitalières à rehausser, notamment aux Antilles
4. Une attractivité médicale à renforcer


II. UNE RÉPONSE ÉCONOMIQUE D’AMPLEUR APPRÉCIABLE, MAIS DEVANT ENCORE GAGNER EN ADAPTATION ET EN AMBITION

A. UNE CRISE FRAPPANT DES TERRITOIRES AFFECTÉS DE FRAGILITÉS STRUCTURELLES QUI  ONT EN PARTIE JOUÉ UN RÔLE AMORTISSEUR
1. Des vulnérabilités liées à des fragilités structurelles ...
a) Une forte dépendance des échanges commerciaux extérieurs
b) Une écrasante majorité de TPE et PME
c) Un poids important de l’économie informelle
d) Une diversification insuffisante
e) Des délais de paiement des collectivités locales et des établissements hospitaliers anormalement longs

2. ... dont certaines ont paradoxalement permis d’atténuer légèrement l’importance du choc économique

B. UNE RÉPONSE ÉCONOMIQUE EFFICACE MAIS INSUFFISAMMENT TERRITORIALISÉE
1. Un choc inédit en 2020, une reprise réelle au premier semestre 2021 et de fortes incertitudes pour les mois à venir
a) Une chute de l’activité très marquée en 2020, bien que moins forte qu’en France métropolitaine
b) La reprise épidémique mi-2021 met fin à la dynamique de reprise encourageante observée au premier semestre 2021

2. Dans l’ensemble, un soutien économique notable, mais devant mieux répondre aux besoins légitimes d’adaptation locale
a) Le soutien économique de l’État a permis d’éviter une catastrophe économique...
b) ... mais est resté insuffisamment adapté aux fortes spécificités des entreprises ultramarines, y compris en 2021


C. LE SOUTIEN AUX TERRITOIRES ULTRAMARINS REQUIERT UNE PLUS GRANDE ADAPTATION LOCALE DES DISPOSITIFS NATIONAUX ET DOIT S’INSCRIRE DANS UNE PERSPECTIVE PLUS LARGE DE DÉVELOPPEMENT
1. Maintenir, élargir et accélérer les mesures de soutien économique de court-terme
2. Adapter les dispositifs de relance aux contraintes des territoires ultramarins


EXAMEN PAR LA MISSION D’INFORMATION
ANNEXES
COMPTES RENDUS DES AUDITIONS DE LA MISSION D’INFORMATION EN RÉUNION PLÉNIÈRE
LISTE DES PERSONNES RENCONTRÉES LORS DU DÉPLACEMENT EN MARTINIQUE ET EN GUADELOUPE
LISTE DES PERSONNES ENTENDUES LORS DES AUDITIONS

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Fiche technique

Autre titre : Vague épidémique en outre-mer : territorialiser les réponses, amplifier le soutien

Type de document : Rapport parlementaire

Pagination : 116 pages

Édité par : Sénat

Collection : Les Rapports du Sénat

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