Territoires : 75% des Français veulent rester vivre où ils résident

Avec l'épidémie de Covid-19, de nombreux discours sur une relocalisation de la production ou sur un modèle démocratique plus régionalisé se sont développés. Une récente étude sur les territoires montre ainsi à la fois l'attachement des Français à leurs territoires mais aussi certaines attentes vis-à-vis des pouvoirs publics et des entreprises.

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Vue aérienne d'Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône (13).
37% des Français pensent vivre dans un territoire en difficulté. Ce sentiment s'explique par des variables comme le revenu médian, le taux de chômage et le profil socio-démographique des individus . © Altitude Drone - stock.adobe.com

Quels secteurs nécessitent un accompagnement au développement des différents territoires ? Quelles sont les différentes formes d’engagement des citoyens pour être utiles à leurs territoires ? Quelle est la place des habitants, des entreprises et des pouvoirs publics sur leurs territoires ?

Le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) revient sur toutes ces questions avec son étude de janvier 2021 sur l'attente d'une action conjuguée des citoyens, des entreprises et des pouvoirs publics dans les territoires.

Quelle vision des territoires ?

La notion de territoire n’est pas unanime pour les Français. Lorsque l’on évoque le territoire, un tiers des Français pense à leur ville (28% à leur région, 23% à leur département, 14% à leur quartier). Les trois quarts des enquêtés envisagent de vivre durablement sur le territoire où ils résident actuellement.

Depuis quelques années, l’identité régionale s’accroît. Toutefois, environ un quart des Français envisage de quitter leur lieu de résidence actuel.

Une proportion plus élevée (37%) de Français pense vivre dans un territoire en difficulté. Le sentiment de difficulté territoriale s’explique par des variables concernant le territoire comme :

  • le revenu médian des habitants ;
  • le taux de chômage de la commune ;
  • le profil socio-démographique des individus.

Par ailleurs, les Français s’intéressent à la consommation de proximité. Ainsi, choisir le magasin le plus proche pour faire ses courses alimentaires était le premier critère de choix de magasin des Français en 2017 (66% des Français). En avril 2020, en pleine épidémie du Covid-19, 65% des enquêtés étaient prêts à payer plus cher un produit industriel français.

Concernant l’engagement citoyen avec d’autres acteurs, un Français sur deux déclare faire partie d’une association ou participer à ces activités (47%), plus particulièrement :

  • chez les jeunes (53% des 18-24 ans) ;
  • chez les plus âgés (53% des 75 ans et plus) ;
  • et les plus diplômés (55% des diplômés du supérieur).
     

Et quelles attentes ?

Les enquêtés attendent des pouvoirs publics et des citoyens l’amélioration de l’emploi, de l’insertion professionnelle et de la sécurité sur leur territoire.

La solidarité et le lien social sont les seuls domaines où l’engagement des citoyens est plus exigé (20%) que celui des pouvoirs publics (17%).

Inversement, la santé est un champ d’action davantage associé aux pouvoirs publics (22%) qu’aux citoyens (17%).

Seulement 7% des citoyens pensent que les habitants ne peuvent pas être utiles à leur territoire (parce qu'ils considèrent que ce n’est pas leur rôle ou qu'il n’y a pas besoin d’y améliorer la situation).

Dans le même temps, les préoccupations de la société française pour l’environnement n’ont jamais été aussi fortes depuis 30 ans. Quatre personnes sur dix estiment que le mode d’engagement le plus utile des citoyens est le changement des modes de vie ou de consommation (41%).

En complément de l’action des acteurs publics, les habitants pensent qu’ils pourraient aussi apporter leurs compétences et leurs savoir-faire à leur territoire (43%), ainsi que leurs idées et leurs innovations (35%).

Quant aux entreprises, les Français attendent de celles-ci qu’elles s’engagent en priorité sur l’emploi et les revenus. La population estime que les entreprises devraient favoriser l’activité locale (47%) et répartir mieux les revenus et les bénéfices (42%) pour réduire les inégalités