UE : les priorités de la présidence française exposées au Parlement européen

Le 19 janvier 2022, le président de la République, Emmanuel Macron, a présenté aux eurodéputés les objectifs politiques de la présidence française du Conseil de l’UE. Face à un "dérèglement du monde", il compte sur une "Europe puissance d'avenir".

Vue extérieure du Parlement européen à Strasbourg.
L'objectif premier de la présidence française est d'engager l'Union européenne plus loin dans son évolution vers "une puissance d'avenir" et "souveraine". © olrat - stock-adobe.com

Le président de la République, Emmanuel Macron, a prononcé un discours au Parlement européen dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne. Il a exposé aux eurodéputés la stratégie et les objectifs politiques de la présidence française.

Le discours rappelle que l'Europe a été bâtie sur trois grandes promesses : la démocratie, le progrès et la paix. "La tâche qui est la nôtre et sans doute celle de notre génération est de répondre en profondeur à la refondation de ces promesses", a constaté le président.

Ce discours a été suivi d'un débat avec la Commission européenne et les groupes politiques.

Une "Europe puissance d'avenir"

Pour "répondre aux défis climatiques, technologiques et numériques, mais aussi géopolitiques",  Emmanuel Macron a appelé les Européens à faire preuve d"audace". L'objectif premier de la présidence française est en effet d'engager l'Union européenne plus loin dans son évolution vers "une puissance d'avenir" et "souveraine".

Si le climat est le premier des défis qui se pose, "le second défi du siècle, c’est celui de la révolution numérique", a affirmé le président. Il a ainsi plaidé pour la mise en place d'un "véritable marché unique du numérique permettant de créer des champions européens".

Une autre priorité évoquée dans le discours est la construction d'un "ordre de sécurité collective" sur le continent européen, cette ambition "nécessite un réarmement stratégique [de l'UE] comme puissance de paix et d’équilibre". L'agenda proposé durant les six prochains mois dans ce domaine est particulièrement dense : adoption de la "Boussole stratégique" qui doit renforcer le rôle de l'UE en tant que garant de la sécurité mondiale, définition de la doctrine de sécurité européenne en complémentarité avec l'OTAN, stratégie en matière d'industrie, de défense et d'indépendance technologiques sans laquelle, selon Emmanuel Macron, "cette Europe de la défense n'a pas de sens ni de réalité".

La relation UE-Afrique est également une priorité clé pour la présidence française, avec l'organisation d'un sommet UE-Union africaine qui se tiendra les 17 et 18 février 2022 à Bruxelles.

Enfin, après l’Afrique, Emmanuel Macron a souligné l'importance de la relation avec les Balkans occidentaux et a appelé à revoir les règles de l'UE pour les accueillir.

Un plaidoyer pour l'État de droit et pour la démocratie

Le discours fait une large place aux "valeurs d'Européens" qui doivent être consolidées. Emmanuel Macron a averti que la fin de l’État de droit marquerait le début de l’autoritarisme et a souligné que l’Union européenne devait reconquérir par le dialogue ceux qui se sont éloignés des principes démocratiques.

20 ans après sa proclamation qui a consacré notamment l’abolition de la peine de mort partout dans l’Union, le président propose d'ouvrir un débat pour actualiser cette Charte "sur la protection de l’environnement ou la reconnaissance du droit à l’avortement".

Le discours souligne enfin l'importance de l'État providence en tant que "legs des démocraties européennes".