Âge de départ à la retraite : les observations du Conseil d'orientation des retraites (COR)

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) s’est réuni le 27 janvier 2022 pour partager une série d’analyses sur l’âge de départ à la retraite. Outre les données économiques sur le financement du régime de retraite, ont été évoqués les effets de différents scénarios ainsi que les résultats de diverses enquêtes d’opinion.

Homme âgé en plein travail dans un entrepôt de stockage.
Selon les résultats récents du baromètre d'opinion de la Drees, près de 4 personnes sur 5 sont favorables au maintien (voire à l'abaissement) de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. © Nimito - stock.adobe.com

La réunion du 27 janvier 2022 du COR sur les retraites a plus spécifiquement porté sur la question de l’âge de départ à la retraite.

Des écarts importants entre pays mais qui tendent à se niveler

Dans beaucoup de pays (en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Japon...), le départ à la retraite se situe entre 60 et 67 ans.

Si, en France, l’âge inconditionnel d'ouverture des droits à la retraite est fixé à 62 ans (l'un des plus bas), il devrait progressivement se rapprocher du standard moyen des autres pays étudiés sous l’effet de plusieurs facteurs :

  • l’entrée de plus en plus tardive dans la vie active ;
  • la baisse progressive du niveau de vie des retraités, ce qui incite les actifs à retarder leur départ à la retraite.

De la même façon, la durée moyenne de retraite, qui est actuellement parmi la plus élevée en France (23,5 ans pour les hommes et 27,1 ans pour les femmes), devrait avoir progressé à l’horizon 2070 dans l’ensemble des pays étudiés compte tenu de la hausse de l’espérance de vie.

Le coût social de la réforme

La réforme de 2010 sur les retraites avait déjà repoussé l’âge de départ à la retraite. Si elle a permis d'observer un effet d’allongement de la durée en emploi pour les seniors, elle a également produit un allongement de la durée au chômage, notamment pour certaines personnes présentant des incapacités après 50 ans.

Selon une note du 3 janvier 2022 adressée au COR, le relèvement de 62 à 64 ans de l'âge d'ouverture des droits à la retraite aurait induit en 2019 une augmentation des dépenses en prestations sociales (hors retraite et assurance chômage) de 3,6 milliards d’euros (0,14 point de PIB) portant en particulier sur les pensions d'invalidité, les minima sociaux et les indemnités journalières de Sécurité sociale. Cet effet relativiserait ainsi le gain de 0,6 point du PIB lié à un recul de deux ans de l'âge de départ et à une baisse des dépenses du système de retraite.

L'avis des actifs et des retraités

Interrogés notamment sur les solutions pour préserver le système de retraite par répartition actuel, les actifs et les retraités ont des avis partagés avec une préférence soit pour :

  • un allongement de la durée de cotisation (25%)  ;
  • une augmentation des cotisations pour les salariés (24%) ;
  • un recul de l’âge de la retraite ou une autre réforme (22%).

Dans le même temps, pour près de quatre personnes sur cinq il faudrait conserver l’âge actuel (62 ans) de départ à la retraite, voire l’abaisser. Toutefois, confrontés à un choix entre le report de l’âge ou l’allongement de la durée de cotisation pour assurer le financement du système de retraite, 29% des répondants se prononcent pour le report progressif à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite (contre 20% pour l'allongement de la durée de cotisation pour avoir droit à une retraite à taux plein).