Crise sanitaire et action sociale : quelles solidarités de voisinage ?

L'Observatoire national de l’action sociale (ODAS) a publié, en avril 2022, une étude sur les initiatives locales prises pendant la crise sanitaire à partir du premier confinement de mars 2020. L'analyse de dix actions de terrain permet de dégager des axes de transformation sociale, notamment le rôle central de la solidarité de voisinage.

Jeunes bénévoles préparant des colis de première nécessité.
Des colis alimentaires ont été distribués par les jeunes d'associations d'insertion. La mobilisation des habitants dans les quartiers a également montré le rôle central des "solidarités de voisinage". © Prostock-studio - stock.adobe.com

Colis alimentaires en Seine-Saint-Denis, distributions d'ordinateurs reconditionnés aux élèves dans la Sarthe, équipes mobiles pour répondre aux besoins prioritaires dans le Maine-et-Loire, aides aux entreprises en difficulté dans les Bouches-du-Rhône... Soutenue par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), l'étude de l'ODAS ("Crise sanitaire, bonnes pratiques et innovations - La puissance de la proximité") a analysé différentes actions lancées par des particuliers, des associations ou des collectivités publiques (bailleurs, services sociaux notamment). Objectif : répondre aux besoins de première nécessité des populations lors de la crise sanitaire et rompre l'isolement social à la suite des différents confinements.

La proximité au cœur des actions

L'étude de l'ODAS a observé un point commun à l'ensemble des actions étudiées : être à disposition ("l'aller-vers") et non plus mettre à disposition. Le document note aussi un élargissement du cadre de travail des institutions. La mobilisation des habitants et associations dans les quartiers a montré le rôle central des "solidarités de voisinage".

À Stains (Seine-Saint-Denis), par exemple, des colis alimentaires ont été distribués par les jeunes d'une association d'insertion. Les volontaires se sont sentis utiles (inclusion sociale) et l'association s'est fait connaître par la municipalité. Dans d'autres villes, des bailleurs sociaux (à Brest dans le Finistère mais aussi à Batigère en Meurthe-et-Moselle) ou des collectivités locales ont permis au personnel volontaire de travailler sur des missions différentes pour répondre à des besoins précis.

Autre initiative illustrant l'adaptation et la réactivité dans l'urgence : en 24 heures, le personnel d'une maison d'enfants en Haute-Savoie a changé l'organisation du travail pour continuer l'accueil et l'accompagnement des enfants et des jeunes.

 

Des pistes pour renouveler les pratiques

Pour faire évoluer les pratiques "dans une logique durable de transformation sociale", l'ODAS retient plusieurs conditions. La majorité des initiatives ont d'abord réussi grâce à la confiance entre tous les acteurs et l'espace laissé à la créativité. Le document souligne d'autres facteurs nécessaires :

  • "une lecture partagée des besoins" ;
  • des bénévoles ou professionnels volontaires ;
  • des projets "vecteurs de sens" pour les acteurs ;
  • une nouvelle visibilité des associations, leur identification permettant une coopération avec les institutions et une approche transversale ; 
  • une réglementation plus souple et mieux adaptée aux besoins spécifiques.