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Solitude : un tiers de la population en situation d'isolement en 2025

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Un taux d'isolement globalement stable depuis plus de dix ans : le nombre de personnes isolées est passé de 12% en juillet 2024 à 11% en juillet 2025. Derrière cette stabilité, existe toutefois un sentiment de solitude plus important d'après une récente étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc).

En additionnant les personnes isolées et celles dont la sociabilité se limite à un seul réseau, près d'un tiers de la population (32%) se trouve aujourd'hui en situation d'isolement ou presque, selon la nouvelle édition 2025 de l'étude Solitudes du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), menée auprès de 3 000 individus résidant sur l’ensemble du territoire. Dans l'enquête, les liens de proximités sont décrits comme les véritables pivots de la sociabilité.

Les racines de l'isolement

Les principaux facteurs qui exacerbent la solitude combinent isolement géographique et précarité économique. En campagne, le taux d'isolement est plus élevé (14 %) que dans les grandes agglomérations (9 %). En revanche, le sentiment de solitude se manifeste davantage en ville : 28 % y déclarent se sentir seuls, contre 21% en milieu rural. 

Solitude, isolement, quelles différences ?

  • L'isolement désigne une situation dans laquelle une personne est physiquement éloignée des autres et dispose de très peu de liens dans différentes sphères de sa vie sociale : famille, amis, collègues, voisinage ou associations.
  • La solitude correspond à un ressenti subjectif de manque ou d’insatisfaction dans les relations sociales. Elle ne coïncide pas forcément avec l’isolement : une personne peut être isolée sans se sentir seule.

La pauvreté aussi renforce le risque d’isolement. En juillet 2025, 16% des personnes disposant de faibles revenus sont isolées, contre 5% des hauts revenus. Le chômage accentue également la fragilité relationnelle : 20% des personnes sans emploi se trouvent en situation d'isolement relationnel, contre 9% des actifs occupés. 

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), l'isolement et la solitude prennent une autre forme, souvent liés à des vulnérabilités multiples : précarité économique, difficultés de mobilité, barrières sociales...

Les liens de proximité : premiers remparts contre l'isolement

Le Crédoc souligne que la présence régulière de liens de proximité est un atout essentiel pour maintenir une vie sociale équilibrée. Parmi ces liens figurent : 

  • les amis : 67% des personnes se déclarant "très satisfaites" de leur cadre de vie rencontrent régulièrement leurs amis. À l'inverse, 52% de celles qui se disent "pas du tout satisfaites" ne les voient jamais ou seulement quelques fois par an ;
  • les voisins : les petits gestes du quotidien entre voisins, sont souvent perçus par les personnes seules ou isolées comme un élément structurant de leur vie sociale ;
  • la famille : elle arrive en troisième position en termes de fréquence des contacts (52%). D'après les résultats, les habitants du Nord entretiennent plus souvent des relations régulières avec leur famille (61%) que ceux des régions méditerranéennes (48%), en partie en raison d’un ancrage territorial plus fort ;
  • les collègues de travail : en juillet 2025, plus de quatre actifs sur dix déclarent voir leurs collègues en dehors du temps de travail, et un actif sur cinq partager avec eux des moments de convivialité. Toutefois, il existe des inégalités, selon le lieu de résidence et l'âge, au détriment des communes rurales et des personnes de plus de 40 ans ;
  • les commerces de proximité : les commerces jouent un rôle clé de lien social. Près d'un quart des habitants (23%) déclarent échanger sur des sujets personnels avec les commerçants de leur quartier.

 

Le rôle clé des associations

Les associations ont un rôle clé pour les personnes isolées, explique le Crédoc. Elles offrent une sociabilité stable et régulière, permettent de retrouver sa place dans la vie sociale et sont le point de départ d'un engagement bénévole. En juillet 2025, plus de la moitié des Français (56%) ont eu des contacts en personne avec les membres d’un groupe ou d'une association.

L'étude du Crédoc recommande de renforcer les points de contacts physiques et la mobilité dans les zones rurales, tout en favorisant la cohésion locale, mais aussi le sentiment d'appartenance dans les grandes agglomérations. Il insiste également sur le rôle des familles, des proches et des professionnels, qui peuvent repérer les personnes en situation de fragilité relationnelle.