Un rapport remis le 15 janvier 2026 par l'Inspection générale des finances (IGF) analyse l'évolution des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les écarts de prévision. Pour réduire ces écarts, le rapport préconise de perfectionner le modèle de prévision et de mieux lutter contre les fraudes.
Des recettes de TVA moins dynamiques
Le ralentissement des recettes est atypique au regard de la croissance (+1,4% en 2023 et +1,2% en 2024, en volume) et de l’inflation (+4,9% en 2023, +2% en 2024). Il s’explique en partie par :
- l’atonie de la consommation et des investissements dans un contexte de recul de l’inflation et d’incertitude économique ;
- l’évolution défavorable de la composition de la demande, la consommation des ménages s’orientant vers des biens et des services soumis à un faible taux ;
- la contraction du commerce et de l’industrie en 2024.
Des écarts de prévision accrus depuis la crise sanitaire
Les prévisions inscrites au projet de loi de finances (PLF) surestiment les recettes de TVA depuis 2023. Les écarts (9 milliards d’euros par an en moyenne) résultent surtout d’un effet de reprise en base qui transmet les erreurs de prévision d’une année à l’autre, d’hypothèses macroéconomiques trop optimistes depuis 2022 et d’une croissance résiduelle inexpliquée par le modèle de prévision.
Ces écarts illustrent la difficulté à anticiper l’évolution de l’assiette de la TVA et soulignent les limites du modèle : la croissance résiduelle, qui représentait 9% de l’écart de prévision en 2022, 26% en 2023, 35% en 2024, atteindrait 45% en 2025. Elle provient notamment de la dynamique des remboursements de crédit de TVA de la fraude croissante liée au e-commerce de petits colis importés de Chine et de la montée en charge de la franchise en base de TVA.