Une étude publiée en mars 2026 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) présente les résultats des questions relatives à l’environnement et à la fiscalité environnementale de l'enquête "Conditions de vie et aspirations" menée en décembre 2024 et janvier 2025.
L'environnement reste un sujet d'inquiétude
La plupart des répondants se disent :
- préoccupés par le changement climatique. Cette inquiétude touche 63% de la population (après 65% en 2024 et 70% en 2023), particulièrement les jeunes générations ;
- sensibles aux questions environnementales. 42% de la population y est très sensible (41% en 2024). La sensibilité à l’environnement est plus fréquente chez les cadres, les retraités et les plus de 60 ans ;
- prêts à accepter des règles destinées à protéger l’environnement (60% du panel, 65% des diplômés du supérieur et 54% des moins diplômés).
Un sujet jugé moins prioritaire
L’environnement est l’un des deux principaux sujets de préoccupation de 21% des sondés (contre 30% en 2023). Cette inquiétude est plus vive chez les diplômés du supérieur (29%), les moins de 25 ans (27%), les hauts revenus (26%) et les habitants de l’agglomération parisienne (25%). Les Français sont plus préoccupés par la violence et l’insécurité (45%), l’immigration (30%) et la pauvreté en France (26%).
18% des Français considèrent la réduction de l’impact de l’homme sur la planète comme l’une des priorités d’action du gouvernement (ils étaient 27% en 2021). Ce sujet, qui n’était devancé en 2021 que par le renforcement des services publics (44% en 2025, +10 points par rapport à 2021), l’est aussi désormais par la limitation des dépenses publiques (35%, +15 points) et la relocalisation de la production (25%, -6 points).
Une adhésion sous condition à la fiscalité environnementale
72% des Français souhaitent un effort budgétaire massif en faveur du climat (-10 points en un an) ; cette part passe à 74% dans les grandes villes et à 76% dans l’agglomération parisienne. Pour financer la transition, les personnes interrogées privilégient une hausse de l’impôt sur le patrimoine des plus fortunés (60% du panel) ou sur les bénéfices des entreprises (54%).
Un quart des Français seraient enclins à payer davantage de taxes affectées à la défense de l’environnement (+4 points en un an), et 19% une taxe carbone plus élevée (contre 13% en 2023). Les répondants adhèrent d’autant plus à une fiscalité environnementale qu’ils sont jeunes et aisés. 63% du panel se montrent favorables à une hausse de la taxe carbone si elle s’accompagne de la baisse d’autres impôts, d’une redistribution aux catégories modestes et moyennes ou si elle est affectée intégralement à la transition énergétique (+6 points en un an).
Quant aux aides aux ménages en vue de la transition, les Français préfèrent qu’elles soient :
- inversement proportionnelles aux revenus (38% du panel) ;
- du même montant pour tous (35%) ;
- réservées aux plus pauvres (26%).