Cinq questions sur le 10 mai, journée nationale des mémoires de l'esclavage

En France, depuis 2006, le 10 mai est la "journée nationale de commémoration des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition". Retour en cinq questions sur les travaux et les lieux qui permettent de poursuivre la réflexion sur l'histoire de la traite et de l'esclavage.

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Que commémore-t-on le 10 mai de chaque année ?

Le 10 mai marque la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et leurs abolitions. Du XVe au XIXe siècles, plus de 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été capturés en Afrique, transportés à travers l’Atlantique et réduits en esclavage pour travailler dans des conditions très dures au sein d'exploitations coloniales en Amérique.

Le 10 mai, l’État met en œuvre des actions en lien avec le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE). 

C’est aussi une journée de réflexion civique sur le respect de la dignité humaine et la notion de crime contre l’humanitéÀ cet effet, l’Éducation nationale organise notamment des actions dans les centres de documentation et dans les établissements scolaires.  

Afin de poursuivre la réflexion sur l’histoire de l’esclavagisme, il existe différents projets nationaux et locaux dont les travaux sont valorisés le 10 mai. C’est le cas par exemple du concours scolaire La Flamme de l’égalité co-organisé par le ministère des Outre-Mer et le CNMHE.

Pourquoi avoir choisi la journée du 10 mai ? 

La journée nationale de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition existe depuis 2006. La date du 10 mai a été choisie par le président Jacques Chirac, sur proposition du CNMHE alors dirigé par l’écrivaine Maryse Condé.

Cette date symbolique fait référence à la date d’adoption par le sénat du texte définitif de la loi Taubira du 21 mai 2001.

Que contient la loi Taubira du 21 mai 2001 ?

La date du 10 mai commémore l’adoption de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité du 21 mai 2001, aussi appelée "loi Taubira" du nom de l’ancienne ministre de la justice. 

Par cette loi, la République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques, aux Caraïbes et dans l'océan Indien contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.

De même, elle prévoit qu’une place conséquente soit accordée à la traite négrière et à l’esclavage dans les programmes scolaires ainsi que dans les programmes de recherche en sciences humaines et en histoire. Enfin, elle prévoit qu’une demande de reconnaissance comme crime contre l’humanité soit déposée auprès de différentes organisations internationales. 

Quelles sont les autres dates de commémoration de l’abolition de l’esclavage en France ?

Différentes journées de commémoration de l’abolition de l’esclavage sont reconnues sur le territoire français.

Cette diversité reflète la complexité et les particularités locales de l’histoire de l’esclavage dans les départements et régions d’outre-mer français (DROM). Bien que le décret Schoelcher abolit en théorie l’esclavage le 27 avril 1848, la situation politique et sociale des esclaves éloignés de la métropole ne changent pas. Ainsi, ces dates historiques correspondent à l’anniversaire de l’abolition réel de l’esclavage dans les DROM. 

  • le 27 avril à Mayotte ;
  • le 22 mai en Martinique ;
  • le 27 mai en Guadeloupe ;
  • le 10 juin en Guyane ;
  • le 20 décembre à la Réunion.

La loi du 30 juin 1983 reconnaît ces journées de commémoration de l’abolition de l’esclavage comme des jours fériés locaux. 
 

Quelles sont les journées internationales ?

Depuis 1949, le 2 décembre est internationalement reconnu comme la journée internationale pour l’abolition de l’esclavage. Elle commémore l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui

De même, une journée internationale de commémoration a été initiée par l’Unesco le 23 août 1998. Elle fait référence notamment à la révolte d’esclaves du 22 au 23 août 1791 à Saint-Domingue, qui a mené à l’indépendance de la République d’Haïti.