L’économie circulaire est un modèle économique qui consiste à produire des biens et des services de manière durable. Son objectif est de limiter le gaspillage des ressources et la production des déchets. Basé sur une gestion durable des ressources (eau, bois, pétrole) et sur de nouveaux modes de production et de consommation, le modèle circulaire s'oppose au modèle "linéaire" du "tout jetable" : extraire les ressources naturelles, fabriquer des produits, les consommer et les jeter. Le modèle "circulaire" s'articule autour de trois axes :
- offre de biens et de services : réduction de l'impact sur l'environnement en matière d'extraction et d'exploitation des ressources naturelles, éco-conception (fabrication durable des produits), écologie industrielle et territoriale (mutualisation des besoins entre entreprises sur les questions d'énergie, d'eau ou d'infrastructures, par exemple) ;
- demande et comportement des consommateurs : consommation responsable (information des consommateurs de l'effet de leurs achats sur l'environnement), allongement de la durée d'usage (réparation du produit et réutilisation) ;
- gestion des déchets : recyclage (utilisation de matières issues des déchets).
Cette approche fonctionne sur la création de boucles "vertueuses", chaque étape entraînant la suivante. Cette économie circulaire tend à réduire les conséquences néfastes sur l'environnement mais aussi à générer de nouvelles activités et des emplois.
La France s'est engagée pour la transition vers une économie circulaire, reconnue comme objectif national dans la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte. Le texte prévoit des mesures pour produire en utilisant moins de matières et des avancées en matière de production durable (interdiction des sacs de caisse en plastique, pénalisation de l'obsolescence programmée, notamment). Des objectifs sont fixés concernant les déchets : réduire de 10% la quantité de déchets ménagers et stabiliser ceux des activités économiques, atteindre 65% de recyclage des déchets non dangereux en 2025, par exemple.
Par ailleurs, la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et pour une économie circulaire (dite loi AGEC) entend accélérer le changement des modèles de production et de consommation. Elle fixe de nouveaux objectifs pour réduire les déchets et sortir du plastique jetable, mieux informer le consommateur sur les caractéristiques environnementales des produits proposés à la vente ou encore agir contre le gaspillage (interdiction de détruire les invendus non alimentaires neufs et renforcement des mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire). Elle fixe certaines obligations, dont :
- depuis 2021, la fin des pailles et couverts en plastique ;
- depuis 2022 (d'abord pour certains secteurs, puis généralisé fin 2023), l'interdiction de jeter ou de détruire les produits neufs non alimentaires invendus (les entreprises doivent obligatoirement donner, réemployer ou recycler leurs stocks non vendu) ;
- depuis 2023, l'obligation de vaisselle réutilisable dans la restauration sur place ;
- en 2026, l'interdiction des microplastiques dans les cosmétiques rincés ;
- en 2030, la réduction de 50% du nombre de bouteilles en plastique à usage unique ;
- en 2040, la fin des emballages plastiques à usage unique.
Un rapport de l'Assemblée nationale du 29 mai 2024 pointe toutefois des insuffisances dans l'application des mesures prévues par la loi. Les changements de pratiques concernent surtout l'aval du cycle des produits (tri, collecte et recyclage des déchets) et très peu la prévention de la production de déchets ou l'écoconception.
La loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France prévoit de responsabiliser tous les acteurs du numérique (consommateurs, professionnels du secteur et acteurs publics) face la pollution croissante liée à l'usage grandissant d'internet.
En juin 2026, une proposition de loi sur la vaisselle en plastique a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale. Ce texte complète les règles actuelles sur l'interdiction de la vaisselle en plastique dans les cantines scolaires et autres services accueillant des enfants ou des nourrissons en interdisant explicitement les assiettes, gobelets, récipients et couverts en plastique dans ces lieux.
Feuille de route sur l'économie circulaire
En 2018, la feuille de route sur l'économie circulaire du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires comprenait des mesures concrètes pour répondre aux objectifs de ce nouveau modèle intégrant l'ensemble du cycle de vie des produits, de leur éco-conception à la gestion des déchets. Parmi les mesures avancées par cette feuille de route, il était question de :
- simplifier les règles de tri des déchets et accélérer la collecte des emballages ;
- étendre le dispositif pollueur-payeur ;
- adapter la fiscalité pour la valorisation des déchets.
Axe majeur du pacte vert européen, un plan d'action pour l'économie circulaire avait été adopté par la Commission européenne en mars 2020. Dans le cadre de ce plan, la Commission prévoyait des mesures concernant les secteurs où la contribution à l'économie circulaire pouvait être importante (matériels électroniques, batteries et véhicules, emballages, textiles, construction et bâtiments...).
En mars 2022, la Commission a proposé de renforcer la protection des consommateurs afin que ces derniers puissent mieux connaître la durée d'utilisation d'un produit ou les modalités de réparation de ce produit. Dans le même temps, la Commission a présenté également une série de propositions pour faire en sorte que les produits durables soient la norme dans tous les pays de l'Union européenne.
Bannissement de plusieurs substances, interdiction de destruction d'invendus dans certaines filières, exigence de réparabilité... Les produits commercialisés dans l’Union européenne (UE) doivent répondre à des critères de performance environnementale pour être plus durables selon un règlement sur l'écoconception publié au Journal officiel de l'UE du 28 juin 2024.
Concernant les emballage et les déchets, la Commission a adopté en janvier 2025 le Packaging and Packaging Waste Regulation (PPWR) qui harmonise la conception et la gestion des emballages à l'échelle européenne. Applicable depuis le 12 août 2026 sans transposition nationale, il remplace la directive emballage de 1994 et redéfinit le cadre européen pour tous les emballages et déchets d'emballages, avec des objectifs de réduction, de réemploi et de recyclage.
La Commission travaille actuellement sur une nouvelle loi sur l’économie circulaire, attendue pour 2026. Ce nouveau texte vise notamment à supprimer les obstacles à la libre circulation des matériaux recyclés, à soutenir la demande de produits circulaires et à accroître l’offre de matériaux recyclés.
Face à des ressources naturelles moins abondantes, aux risques environnementaux, à la croissance démographique, le modèle de production et de consommation de masse a montré certaines limites.
En France, depuis les années 1960, la consommation des ménages français a été multipliée par plus de trois (par six pour les voitures), selon l'Agence de la transition écologique (Ademe). Et "les impacts environnementaux sont de plus en plus lourds, mais d’autant moins visibles qu’une large partie est délocalisée à travers les importations". L'arrivée du numérique avec ses nouvelles techniques de communication a suscité aussi des enjeux importants en matière de déchets et de consommation électrique. Cette évolution a rendu nécessaire la réduction de l’empreinte environnementale générée.
Face à cette situation, l'Ademe propose des évolutions afin d'alléger l'empreinte environnementale de la consommation des Français d'ici à 2030, notamment en :
- rééquilibrant les régimes alimentaires (moins de viande) ;
- choisissant des produits labellisés, locaux et moins polluants ;
- développant des modes de déplacements sans voiture ;
- rénovant l'habitat ;
- diminuant la quantité de déchets industriels.
Toutefois, selon une enquête de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée en juin 2026, les pratiques du quotidien évoluent peu.
Plus récemment, la loi du 8 juillet 2026 visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile prévoit plusieurs mesures pour réduire la pollution engendrée par l'ultra "fast fashion" en renforçant les pénalités financières pour les pollueurs et en interdisant toute publicité.
Le taux de recyclage des déchets d'emballages plastiques augmente chaque année au sein de l'UE, passant de 25,2% en 2005 à 40,7% en 2022. La France est en dessous de cette moyenne européenne avec seulement environ 25%, l'Italie atteignant 46% et l'Allemagne dépassant 50%.
En 2023, 1,3 million de tonnes de déchets plastiques ont été exportés afin d’être traités hors de l’UE. Ceci est dû à plusieurs raisons :
- manque de capacité ;
- manque de technologie ;
- manque de ressources financières.
Mais le principal problème du recyclage des plastiques réside dans la qualité (structure et nombre de composants) et le prix des produits recyclés, en comparaison avec leurs équivalents vierges.