Villes moyennes : un pilier majeur de l’aménagement du territoire

Les villes moyennes françaises bénéficient d’une image positive en termes de qualité de vie. Les pouvoirs publics ont lancé fin 2017 le programme Action cœur de ville pour revitaliser les centres. La crise sanitaire liée au Covid-19 a suscité un regain d’intérêt pour ces villes. L’essor du travail à distance semble nourrir leur attractivité.

Perpignan, en Occitanie.
Les villes moyennes constituent un pivot à l’échelle locale. Ayant souvent un rôle politique et administratif, elles disposent de services et d’équipements importants. © Bernard Girardin - stock.adobe.com

À la suite d’une demande de Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, France Stratégie a publié en janvier 2022 deux notes sur les villes moyennes. La première analyse les effets de la crise sanitaire sur la dynamique de ces villes, la seconde leurs atouts en matière d’aménagement du territoire.

Les villes moyennes à l’épreuve du Covid

Pour France Stratégie, dans le cadre de la mission confiée par Jacqueline Gourault, une ville moyenne se compose :

Les villes moyennes, particulièrement leurs pôles, ont connu de 2009 à 2019 une dynamique supérieure à la médiane nationale, mais moindre que celle des métropoles. Leurs pôles ont vu les prix immobiliers baisser de 6,5%, la population stagner et l’emploi augmenter de 3%. Dans le même temps, les métropoles ont enregistré une croissance de tous ces indicateurs.

Les villes moyennes les plus dynamiques se concentrent :

  • sur le littoral atlantique (Bayonne, Royan…) ;
  • sur le pourtour méditerranéen, de Sète à Perpignan ;
  • dans la vallée du Rhône (Valence, Orange…) ;
  • près de la frontière suisse (Chambéry, Thonon-les-Bains…).

En revanche, les villes en décroissance se situent dans le centre de la France (Nevers, Châteauroux…) et le Nord-Est (Charleville-Mézières, Sedan…). Beaucoup d’entre elles, victimes de la désindustrialisation, affichent de forts taux de chômage et de pauvreté.

La crise sanitaire ne semble pas avoir rompu les dynamiques existantes :

  • l’emploi dans les villes moyennes a augmenté de 2,3% (soit la moyenne nationale) entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2021. Les plus dynamiques ont moins souffert de la crise ;
  • la géographie du marché de l’immobilier résidentiel n’a pas varié en 2020.

Le déploiement du télétravail permet d’accroître la distance domicile-travail et de quitter les grandes villes pour des villes moyennes. Les données sur ces mouvements de population ne sont pas encore disponibles.

Un rôle-clé pour l’aménagement du territoire

Les villes moyennes ont des trajectoires, des vulnérabilités (économiques, sociales, environnementales) et des besoins divers. Elles font face à des problématiques liées aux transitions :

  • écologique (atténuation du changement climatique, préservation des écosystèmes…) ;
  • numérique ;
  • démographique (vieillissement de la population).

Ces villes constituent un pivot à l’échelle locale. La plupart ont un rôle politique et administratif (sièges d’une préfecture ou d’une sous-préfecture) et disposent de services et d’équipements importants : services publics, infrastructures de transport, universités, tribunaux, hôpitaux, équipements sportifs et culturels…

France Stratégie considère les villes moyennes comme un pilier durable de l’aménagement du territoire et préconise "un nouveau pacte de cohésion et d’aménagement du territoire" pour notamment :

  • différencier les stratégies d’accompagnement selon les villes ;
  • assurer l’accès de tous à une base minimale d’équipements et de services dans ces villes ;
  • développer la prospective et l’ingénierie au sein de ces territoires.