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Médecins traitants : comment augmenter leur nombre ?

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

En 2025, 88,5% de la population adulte, soit 48,7 millions de personnes, disposaient d'un médecin traitant déclaré auprès de l'assurance maladie. 6,3 millions d'assurés n'avaient donc pas de médecin traitant. Seulement la moitié des 100 000 médecins généralistes en exercice recensés en 2024 ont une activité en tant que médecin traitant.

La commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a chargé la Cour des comptes de dresser le bilan du déploiement du dispositif du médecin traitant 20 ans après sa création. La Cour a publié son rapport le 30 septembre 2026.

Médecin traitant et "parcours de soins"

La réforme de l'assurance maladie instaurée par la loi du 13 août 2004 confère au médecin traitant un rôle central au sein d'un "parcours de soins coordonnés". Chaque patient a le choix de désigner un médecin traitant pour être soigné, suivi et orienté dans le système de soins. 
Le recours à un médecin traitant ne constitue pas une obligation pour les patients. Toutefois, les assurés s'exposent à une majoration du ticket modérateur en cas de consultation d'un autre médecin sans avis préalable du médecin traitant.

Améliorer le niveau de couverture de la population

D'après la Cour, le niveau de couverture globale de la population est relativement élevé, comparé à celui d'autres pays européens. Toutefois, le nombre de médecins traitants ne permet pas de couvrir toute la population, ce qui peut s'expliquer par :

  • un contexte de tensions sur la démographie médicale avec la diminution de la part relative des médecins généralistes dans le nombre total de médecins (42,2% en 2025 contre 46,1% en 2015), l'activité de médecin traitant étant marginale chez les médecins spécialistes ; 
  • et, selon la Cour, par une "insuffisante mobilisation des médecins généralistes pour la fonction de médecin traitant" (8 500 médecins généralistes libéraux n'ont pas - ou très peu - d'activité en tant que médecin traitant).

La Cour recommande de rendre obligatoire un seuil minimal de patientèle prise en charge en tant que médecin traitant (le seuil de 500 patients pourrait être envisagé), pour tout médecin généraliste libéral installé afin d'augmenter le nombre de patients couverts par le dispositif.

Afin d'aider les patients sans médecin traitant les plus à risque et éloignés du système de soins à trouver un médecin traitant, le rapport recommande de renforcer les actions de repérage et d'aller vers ces usagers, notamment lors d'un passage imprévu à l'hôpital ou aux urgences ou dans le milieu du travail.

Inciter au développement de la fonction de médecin traitant

D'après le rapport, l'exercice en cabinet de groupe des médecins traitants s'est progressivement imposé, facilitant à la fois :

  • la continuité des prises en charge des patients ;
  • et les conditions de travail des médecins traitants. 

Il concerne 70% des médecins généralistes libéraux en 2022 contre 54% en 2010.

Les maisons de santé pluriprofessionnelles - MSP (2 800 en 2025) et les centres de santé (1 150 en 2024), structures juridiques d'exercice coordonné, répondent mieux à leurs aspirations en matière d’organisation du travail et favorisent la coopération avec les autres professionnels de santé.
Ces structures permettent :

  • d'accueillir davantage de patients par médecin traitant ;
  • de faciliter la prise en charge de soins non programmés ;
  • de mieux partager les tâches entre professionnels de santé (entre médecins et infirmiers, par exemple).

La Cour considère que leur développement doit être poursuivi et soutenu financièrement.

La Cour recommande également d'accroître la part forfaitaire de rémunération des médecins généralistes liée au médecin traitant alors que leur rémunération continue à reposer essentiellement sur la tarification à l’acte.

Elle souligne aussi l’importance de renforcer les enseignements du deuxième cycle des études médicales sur le rôle du médecin traitant dans le parcours de soins.

Enfin, la Cour préconise de promouvoir l'embauche d'assistants médicaux (métier créé en 2019) pour laquelle l'assurance maladie peut verser une aide financière, afin d'aider les médecins dans leur pratique (tâches administratives et prise en charge d'actes simples).