La France vient de connaître en juin 2026 la 52e vague de chaleur depuis 1947, la plus chaude jamais enregistrée.
Dix ans après l'accord de Paris de 2015, le réchauffement dû aux activités humaines atteint 1,4 °C au-dessus de la période de référence préindustrielle 1850-1900. Dans le même temps, les conflits géopolitiques liés aux énergies fossiles se multiplient et menacent la sécurité et la souveraineté.
Dans son huitième rapport annuel publié le 9 juillet 2026, le Haut Conseil pour le climat (HCC) avertit que la France se trouve "face à ses responsabilités" et doit d'urgence changer d'échelle dans ses politiques climatiques afin de protéger sa population.
Des efforts insuffisants
Le rapport du HCC souligne que depuis l'accord de Paris, la France s'est dotée :
- d'un cadre juridique climatique plus dense avec trois grandes lois ;
- d'une stratégie française énergie climat (SFEC) reposant sur trois documents ;
- d'une trajectoire de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC), qui anticipe un réchauffement de 2 °C à l'horizon 2050.
Si le rapport présente pour 2025 une estimation consolidée de la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de -2,1%, cette baisse est moindre que pour 2024 (-3%), 2023 (-6,8%) et 2022 (-3,9%). Cela reporte l'accélération nécessaire de la baisse des émissions de GES sur les années à venir.
Le décalage entre les efforts insuffisants d'adaptation et la forte augmentation des besoins d'adaptation dans un climat qui change vite entraîne l'aggravation de vulnérabilités, désormais récurrentes :
- perturbation de la scolarité des enfants ;
- surmortalité liée à la chaleur ;
- diffusion accrue de maladies vectorielles ;
- pertes agricoles ;
- tensions sur l'eau ;
- augmentation du coût des assurances…
Les retards visibles aujourd'hui en termes d'atténuation et d'adaptation au changement climatique sont des facteurs de précarité et d'inégalité.
Quelles sont les nouvelles recommandations du HCC ?
Le HCC rappelle les recommandations formulées dans les rapports précédents et en présente de nouvelles, notamment :
- rendre diffusable dès le mois de mai le dispositif de communication en préparation pour les vagues de chaleur ;
- renforcer le cadre réglementaire en santé au travail (seuils d'arrêt d'activité) ;
- renforcer la réglementation sur les logements dangereux en cas de fortes chaleurs ;
- augmenter la disponibilité de lieux publics frais ;
- améliorer le suivi des impacts environnementaux du numérique ;
- adopter un moratoire sur l'augmentation des capacités des aéroports français ;
- prendre des mesures à court terme de sobriété hydrique en agriculture ;
- étendre aux propositions de loi et aux ordonnances l'évaluation de l’impact environnemental des projets de loi ;
- identifier dans les prochaines COP régionales les multiples dimensions de la vulnérabilité des ménages ;
- renforcer les contraintes d'implantation territoriale des centres de données ;
- examiner la possibilité d'instaurer une taxe européenne sur les profits exceptionnels engrangés par des compagnies pétrolières.