Qu'est-ce qu'un désert médical ?

Protection sociale

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L’essentiel

Un désert médical désigne une zone géographique dans laquelle il est très difficile, voire impossible, de se faire soigner par un professionnel de santé en raison de l'absence de médecins à proximité.

Cette situation peut entraîner de nombreuses difficultés : augmentation des délais pour obtenir une consultation médicale (au risque d'aggraver l'état de santé des patients), déport de consultations vers les urgences médicales (qui peut aboutir à l'engorgement des urgences) ou encore difficultés à trouver un médecin traitant (ce qui peut entraîner une rupture du parcours de soins). 

En détail

La notion de désert médical renvoie à une double dimension :

  • une dimension spatiale liée à la densité de professionnels de santé sur un territoire : un désert médical est caractérisé par un éloignement géographique entre les patients et leur médecin, ce qui implique pour eux de parcourir une longue distance pour consulter ;
  • une dimension temporelle liée au nombre de patients par médecin : plus un médecin a de patients, moins il a de temps à accorder à chacun d'eux. 

Le développement des déserts médicaux sur le territoire national a donc pour conséquences : 

  • l’accroissement des "files d’attente" avant de pouvoir consulter un professionnel, au risque d’une dégradation de l'état médical des patients ;
  • le déport de consultations vers les urgences médicales. D'une part, les patients ne trouvant pas de professionnels en consultation "classique" recourent par défaut aux urgences pour accéder à un médecin. D'autre part, l’absence de consultation régulière aggrave les situations de santé ;
  • des difficultés majeures pour les patients à s’inscrire auprès d’un nouveau médecin traitant, en particulier lorsqu’un praticien part en retraite. S'il n'est pas immédiatement remplacé, ou si les médecins restants refusent de prendre en charge de nouveaux patients, ces derniers subissent une rupture dans leur parcours de soins coordonnés. Ce parcours assure le remboursement d'une partie des frais de santé et permet d'avoir accès à un bon suivi médical en cas de besoin, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

Les pouvoirs publics se préoccupent des déserts médicaux puisqu'il s'agit de remédier à la rupture du service public de santé

Pour suivre l'évolution des déserts médicaux, les pouvoirs publics emploient la méthode du zonage, qui consiste à évaluer la répartition de l’offre médicale sur un territoire. Cette méthode est prévue par l’article L1434-4 du code de la santé publique et repose sur plusieurs critères : 

  • l’accessibilité à un professionnel de santé ;
  • les caractéristiques de la population considérée (âge, taux d’affections de longue durée, nombre de bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, etc.) ;
  • le nombre des professionnels de santé, leur âge, leur activité, etc.

Ce sont les agences régionales de santé (ARS) qui identifient les territoires caractérisés par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins.

Le zonage s’appuie sur l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL) à un médecin. Cet indicateur recouvre trois dimensions :

  • l’activité de chaque praticien, mesurée par le nombre de ses consultations ou de ses visites ;
  • le temps d’accès au praticien ;
  • le recours aux soins des habitants, par classe d’âge, pour tenir compte de leurs besoins différenciés.

L’APL s’exprime en nombre de consultations accessibles par an et par habitant. Il tient compte des médecins généralistes présents sur le territoire. L'âge des praticiens est également pris en compte, afin d’anticiper les futurs départs en retraite. 

Dans le cadre du pacte de lutte contre les déserts médicaux présenté en avril 2025, les ARS ont été chargées d'identifier des zones rouges à l'échelle des intercommunalités au sein desquelles une permanence médicale doit être mise en place en priorité. 151 intercommunalités ont été classées en zone rouge en juin 2025.

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Qu'est-ce qu'un désert médical ?

4 juin 2025   - Temps de lecture  2 min

Bonjour, je suis Bertrand, rédacteur pour le site vie-publique.fr, et je vais vous expliquer ce qu’est un désert médical.

Un désert médical désigne une zone du territoire qui ne dispose pas d’une offre de médecins adaptée au nombre de patients. Cela implique de nombreuses difficultés tel que le rallongement des temps de transport pour consulter un médecin. 

Plus de 230 000 médecins sont en activité. Ce qui en nombre de médecins par habitant place la France dans la moyenne des pays de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement 
économiques). Toutefois, aujourd’hui, ce nombre est, d’une part, insuffisant en raison du « numerus clausus » instauré en 1971 - qui a limité le nombre de médecins formés chaque année - et d’autre part, en raison de l’inégale répartition des médecins sur le territoire.

Alors quelles sont les conséquences pour les patients ?

Eh bien la première conséquence est la réorientation des consultations vers les urgences médicales ;

La seconde est la difficulté pour les patients à s’inscrire auprès d’un nouveau médecin traitant, ce qui complique le respect du parcours de soins. C’est pourtant ce parcours qui garantit le remboursement d'une partie des frais de santé et permet de bénéficier d’un bon suivi médical ;

Enfin, les délais d’attente pour une consultation peuvent entraîner un renoncement aux soins et faire peser un risque sur la santé des patients. 

Quelles mesures ont été mises en place par les pouvoirs publics pour lutter contre les déserts médicaux ?

Depuis les années 2000, des mesures ont été prises pour adapter l’offre de soins. 

Par exemple, en 2005, la loi autorise les collectivités territoriales à attribuer des aides à l’installation des médecins.

En 2012 et en 2015, les premiers plans globaux de lutte contre les déserts médicaux proposent 
notamment la création de 1000 maisons de santé.

Une nouvelle étape est franchie en 2018 avec la généralisation de la téléconsultation.

Et surtout, une réforme des études de santé est instaurée, en 2019, afin d’augmenter le nombre de 
personnes admises à concourir aux études de médecine. Elle supprime également le numérus clausus.