Qu'entend-on par intervention de l'État dans l'économie ?

L’intervention de l’État dans l’économie désigne l’utilisation, par ce dernier, de la politique budgétaire comme instrument de politique économique et sociale. Au cours des années 1930, l’opinion publique et la classe politique se sont progressivement ralliées à cette conception.

L’intervention de l’État dans l’économie selon Keynes

Les théories développées par John Maynard Keynes (1883-1946) justifient l’intervention de l’État. Elle passe par les différents canaux des finances publiques :

  • augmentation des dépenses publiques et extension de leurs domaines d’intervention (exemple : sécurité sociale, assurance chômage) ;
  • rôle redistributif et incitatif de la politique fiscale (exemple : impôts progressifs) ;
  • intervention directe de l’État dans l’économie, par la détention d’entreprises, la mise en place de monopoles publics et la planification indicative ;
  • conséquences favorables du déficit et de l’emprunt public sur la croissance économique et le système financier : en période de crise, une hausse des dépenses publiques, même non financée par les ressources courantes, permet de soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs et la demande s’adressant aux entreprises.

Un interventionnisme accru

Après la Seconde Guerre mondiale, l’intervention de l’État dans l’économie augmente sensiblement, notamment pour son financement (nationalisations, grands projets industriels). L’État s’attache à reconstruire le pays, puis à contrôler le rythme de la croissance économique.

L'Etat cherche ensuite à résoudre la crise des années 1970 et à développer une couverture sociale. Avant cette crise, l’État veut conserver son équilibre budgétaire. Après la fin des années 1970, l’intervention de l’État est de plus en plus discutée, cette dernière étant jugée comme étant peu efficace pour lutter contre les déséquilibres économiques, notamment contre l’inflation.

Depuis, la situation des finances publiques en France s’est progressivement érodée, comme en atteste la croissance du poids de la dette publique dans le produit intérieur brut (PIB). Depuis 30 ans, les finances publiques françaises sont structurellement en déficit.