La définition de la notion d’investissement de l’État est double :

  • dans le cadre de la comptabilité nationale, l’INSEE assimile l’investissement de l’État à sa "formation brute de capital fixe" (FBCF). Il s’agit de la valeur des acquisitions d’actifs fixes corporels (ex : bâtiments, ordinateurs) ou incorporels (ex : logiciels) que l’État utilise pour produire des biens et des services ;
  • dans la présentation administrative du budget de l’État, la définition est plus large. Il s’agit des "dépenses en capital". Avec la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), les investissements sont retracés sous le titre 5 "Dépenses d’investissement" qui recouvre les investissements corporels (ex : immeubles) ou incorporels (ex : projets informatiques) de l’État.

L’importance des investissements de l’État varie selon la définition choisie.

Au sens de l’INSEE, l’État investit très peu, moins d’un cinquième de l’investissement des administrations publiques, contre plus de 70% pour les collectivités territoriales.

Les principaux investissements de l’État concernent les dépenses militaires (ex : acquisition de navires, d’avions).

Les investissements civils concernent pour l’essentiel des dépenses immobilières (entretien du patrimoine culturel, universitaire et des bâtiments administratifs, entretien et construction d’établissements pénitentiaires…) et des équipements, notamment en faveur de la police et de la gendarmerie. En effet, la plupart des dépenses d’investissement ont été confiées aux collectivités territoriales (routes, bâtiments scolaires notamment) ou à des établissements publics, comme l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF)

Par ailleurs, si l’on s’éloigne des définitions comptable et administrative des dépenses d’investissement, on peut considérer que l’État investit dès lors qu’il réalise des "dépenses d’avenir", comme celles destinées à l’éducation ou la santé publique. En effet, ces dépenses contribuent à l’amélioration de la productivité et de la croissance potentielle et contribuent, indirectement, à générer un revenu futur.