Les élections européennes intéressent-elles les électeurs ?

Mises en place depuis 1979 et la réforme du Parlement européen, les élections européennes permettent tous les cinq ans de désigner au suffrage universel les représentants français (au nombre de 79 après le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne) qui siègent au sein de cette assemblée. Le scrutin est proportionnel à un seul tour, avec un seuil de 5% pour être représenté. 

Les électeurs ne se passionnent guère pour cette échéance dont ils discernent mal le lien avec une Union européenne perçue comme plus technocratique que politique. Le système apparaît au demeurant d’autant moins lisible que le débat sur l’Europe n’est pas clairement référé au clivage droite/gauche, d’où la faible compréhension des enjeux de cette élection, et une participation souvent inférieure à 50% (44% à la dernière élection de 2014).

Les électeurs ont tendance à utiliser le scrutin européen comme un scrutin intermédiaire, c’est-à-dire qu’ils profitent de l’occasion qui leur est offerte pour sanctionner le pouvoir politique en place au niveau national. L’expression de ce mécontentement peut prendre des formes exacerbées au profit des offres politiques extrêmes et plus généralement critiques. Ainsi s’expliquent, par exemple, la bonne performance des listes Europe-Écologie en 2009, celle du Front national en 2014.