Quel est l’enjeu du découpage électoral ?

Comment procède-t-on pour découper le territoire national en circonscriptions législatives, ou bien les départements en cantons ? Le ministère de l’Intérieur a la responsabilité de cet épineux dossier, sachant que les décisions prises apparaissent toujours arbitraires. Les lois modifiant la carte des circonscriptions législatives, tout comme les décrets fixant les frontières des cantons, sont invariablement contestés, font l’objet de recours et d’accusations de "charcutage". On l’a à nouveau constaté en 2014 avec la nécessaire remise à plat de la carte cantonale, à la suite de la réforme des élections départementales. Des consultations ont eu lieu, mais plus de la moitié des assemblées départementales s’est exprimée contre les propositions faites par le ministère.

Ne rien changer, c’est ne pas tenir compte des évolutions démographiques et laisser se creuser des inégalités entre territoires ; revoir la carte, c’est encourir la critique de vouloir faire gagner son camp. Toute cartographie électorale est arbitraire, et l’histoire politique est ponctuée de tentatives plus ou moins subtiles pour neutraliser l’adversaire en faisant en sorte de regrouper ses électeurs en une seule et même circonscription.

Les territoires électoraux ne sont pas simplement utiles le jour de l’élection. Par la logique même de la représentation, ils acquièrent une certaine existence politique du fait de la présence d’un ou plusieurs représentants parlant en leur nom et portant leurs intérêts.