Qu'est-ce que la citoyenneté néo-calédonienne ?

Citoyenneté

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L’essentiel

La citoyenneté néo-calédonienne a été instituée par la loi constitutionnelle de 1998 relative à la Nouvelle-Calédonie qui fait suite à l'accord de Nouméa.

La citoyenneté néo-calédonienne se superpose à la nationalité française (il faut être français pour obtenir la nationalité néo-calédonienne) et s'obtient de différentes manières : droit du sang ou droit du sol (résider en Nouvelle-Calédonie depuis au moins 10 ans).

Elle implique un certain nombre de droits politiques (élection des organes délibérants, dans les conditions fixées par la loi organique du 19 mars 1999) et économiques (accès prioritaire à certains postes) sur le territoire. 

En détail

À la suite de l'accord sur la Nouvelle-Calédonie signé le 5 mai 1998, aussi appelé accord de Nouméa, la révision constitutionnelle de 1998 (articles 76 et 77 de la Constitution) et ses textes d'application ont institué la citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie. Elle se superpose aux citoyennetés française et européenne.

Une personne est reconnue titulaire de la citoyenneté néo-calédonienne si elle bénéficie de la nationalité française, si elle remplit les conditions définies à l’article 188 de la loi organique du 19 mars 1999 concernant l’inscription sur les listes électorales et si elle justifie d’une durée de résidence de dix ans sur le territoire calédonien (conditions du droit du sol, valables depuis le 8 novembre 1998). 

Le statut de citoyen néo-calédonien comporte des droits :

  • seuls les citoyens français disposant de la citoyenneté néo-calédonienne peuvent participer à l’élection des organes délibérants du territoire. Un tel procédé est rigoureusement impossible sur le reste du territoire français ;
  • un recrutement préférentiel dans la fonction publique est prévu au profit des citoyens néo-calédoniens ;
  • l’exercice de certaines professions est restreint aux seuls titulaires de cette citoyenneté.

Le citoyen néo-calédonien a aussi des devoirs :

  • l’appartenance à la communauté de destin choisie ;
  • en tant que citoyen français, il reste soumis aux lois françaises, relève des juridictions françaises, doit se faire recenser, etc.

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Quel est le statut de la Nouvelle-Calédonie ?

24 janvier 2024   - Temps de lecture  3 min
  • Quel est le statut de la Nouvelle-Calédonie ?

    Bonjour à tous, je suis Guillemette, rédactrice pour le site vie-publique.fr, et je vais aujourd’hui vous parler du statut de la Nouvelle-Calédonie.

    La Nouvelle-Calédonie est un archipel français situé dans le Pacifique Sud, à environ 3000 kilomètres de l’Australie. Ancienne colonie française depuis 1853, elle devient une collectivité d’outre-mer à statut particulier en 1998.

  • Comment s’organise le territoire ?

    La Nouvelle-Calédonie est divisée en trois provinces : la province Nord, la province Sud et la province des îles Loyauté. Chacune d’elle possède une assemblée délibérante et dispose de représentants au Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

  • Comment le territoire est-il gouverné ?

    La Nouvelle-Calédonie bénéficie d’une autonomie partielle avec un partage de la souveraineté entre les institutions locales (Congrès, gouvernement, « sénat coutumier », conseils coutumiers ) et l’État français.

    À la différence de la plupart des Collectivités d’outre-mer françaises, elle vote elle-même les « lois du pays », dans les domaines énumérés par la loi.

    L'État est représenté sur place par le haut-commissaire de la République. Il assure les fonctions régaliennes (police, défense, immigration…)

    La citoyenneté néo-calédonienne se superpose à la citoyenneté française et à la citoyenneté européenne. Elle s’obtient après au moins 10 ans de résidence en Nouvelle-Calédonie. Il faut être reconnu citoyen néo-calédonien pour pouvoir voter aux élections locales.

  • Comment la Nouvelle-Calédonie a-t-elle acquis ce statut particulier ?

    À la suite d’affrontements opposant les loyalistes (favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République française) et les indépendantistes, les accords de Matignon-Oudinot sont conclus le 26 juin 1988. Ils visent l’autonomisation progressive du territoire.

    Dix ans plus tard, l'accord de Nouméa, signé entre l’État français, les indépendantistes et les loyalistes prévoit :

    • La poursuite de la revalorisation de la culture kanak (le peuple autochtone mélanésien de l’archipel) ; 
    • La création de nouvelles institutions ; 
    • Et le transfert de nouvelles compétences à la Nouvelle-Calédonie, dans l’attente d'un référendum d’autodétermination, reporté à 2018 au plus tard.

    Entre 2018 et 2021, trois référendums ont lieu en Nouvelle-Calédonie. À trois reprises, c’est le « non » à l’autodétermination qui l’emportent. Mais les indépendantistes, qui avaient appelé au boycott du scrutin de 2021, contestent aujourd’hui encore sa légitimité.

  • Qu’en est-il aujourd’hui ?

    Après deux ans de blocage politique, l’exécutif a relancé les discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Un nouveau cycle de négociations entre indépendantistes, loyalistes et le Gouvernement a commencé en juillet 2023.

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