On dit que la nationalité est attribuée lorsqu'elle est obtenue de façon automatique.
Elle peut être attribuée dès la naissance pour :
- tout enfant né en France ou à l'étranger dont au moins un des parents est Français, c'est le "droit du sang" ;
- tout enfant né en France de deux parents apatrides ;
- tout enfant né en France dont au moins un des parents est également né en France, c'est le "double droit du sol".
La nationalité peut également être attribuée à la majorité lorsqu'un enfant est né en France de deux parents étrangers, c'est le "droit du sol". Pour cela, il doit résider en France à la date de ses 18 ans et avoir sa résidence habituelle en France pendant une période continue ou discontinue d’au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans.
L'enfant peut cependant obtenir la nationalité française avant sa majorité sur demande de ses parents (entre 13 et 16 ans) ou sur demande personnelle (entre 16 et 18 ans), avec des conditions de durée de résidence en France. Dans ce cas, c'est une acquisition de la nationalité par déclaration.
On dit que la nationalité est acquise lorsque celle-ci a été obtenue après qu'une demande a été déposée.
La naturalisation est un mode d'acquisition de la nationalité française, qui se fait par décision de l'autorité publique (décret) et est accordée sous certaines conditions.
Tout étranger majeur, résidant habituellement sur le sol français depuis au moins 5 ans, peut demander à être naturalisé. La décision est prise de façon discrétionnaire par l’administration qui peut refuser la naturalisation même si les conditions sont réunies. La durée de résidence peut être réduite à 2 ans si le demandeur a accompli avec succès 2 années d’études dans un établissement d’enseignement supérieur français ou s’il a rendu, ou peut rendre, "des services importants à la France".
Depuis la loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’intégration, un étranger uni à un conjoint français depuis 4 ans et justifiant d’une communauté de vie affective et matérielle réelle peut réclamer la nationalité française par mariage. Le délai est porté à 5 ans lorsque le demandeur ne justifie pas avoir résidé de manière ininterrompue pendant au moins 3 ans en France à compter du mariage ou, en cas de résidence à l’étranger, lorsque son conjoint français n’était pas inscrit au registre des Français établis hors de France.
Dans tous les cas, quiconque souhaite acquérir la nationalité française doit justifier de son "assimilation à la communauté française" lors d’un entretien individuel. Celui-ci évalue sa bonne connaissance de la langue française, des droits et devoirs conférés par la nationalité française, ainsi que de l'histoire, de la culture et de la société françaises. Le demandeur doit aussi adhérer aux principes et valeurs essentiels de la République. À l’issue de l’entretien, l’intéressé signe la Charte des droits et devoirs du citoyen français. Le candidat ne doit pas avoir fait l’objet de condamnation empêchant l’acquisition de la nationalité française.
Quelles évolutions depuis le 1er janvier 2026 ?
Deux mesures sont entrées en vigueur :
- le rehaussement du niveau exigé de maîtrise de la langue française : cette exigence découle du décret du 15 juillet 2025, pris en application de l’article 20 de la loi du 26 janvier 2024 visant à contrôler l’immigration et à favoriser l’intégration. Le demandeur doit ainsi prouver qu’il possède une maîtrise de la langue française, à l’oral comme à l’écrit, au moins équivalente au niveau B2 du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) ;
- l'examen civique : prévu par la circulaire Retailleau du 2 mai 2025, cet examen consiste en un questionnaire à choix multiples en français, composé de 40 questions sur 5 thèmes liés à la formation civique.
La nationalité peut également être acquise au nom de la possession d'état, qui désigne un ensemble de preuves légales permettant d'établir la filiation d'une personne. Toute personne ayant été considérée comme française, sur la base de cette filiation, peut ainsi obtenir la nationalité française.