Le traité d'Amsterdam, signé en 1997 et entré en vigueur en 1999, a introduit à l'article 63 du traité sur la Communauté européenne l'objectif de mettre en place des mesures relatives à la "politique d'immigration".
Le traité de Lisbonne, signé en 2007 et en vigueur depuis le 1er décembre 2009, a ensuite posé à l'article 79 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) que l'UE développe une politique dite "commune" en matière d'immigration. Elle vise à assurer "une gestion efficace des flux migratoires, un traitement équitable des ressortissants de pays tiers en séjour régulier dans les États membres, ainsi qu'une prévention de l'immigration illégale et de la traite des êtres humains et une lutte renforcée contre celles-ci".
Cette politique commune "en matière d'immigration" est également mentionné à l'article 67 du TFUE.
Néanmoins, l’Union européenne (UE) n’a pas à proprement parler de politique commune de l’immigration. Il n’existe pas dans ce domaine de règles communes régissant les principes fondamentaux (immigration choisie, ouverture, fermeture, régularisations, etc…). Il n'y a également pas de nombre défini d’entrées minimales ou maximales par an, par exemple.
Si des mesures peuvent être adoptées par l'UE dans certains secteurs (asile, conditions d'entrée et de séjour, immigration clandestine et séjour irrégulier...), notamment par la voie de directives, la politique migratoire reste du ressort de chaque État membre, qui demeure libre d’établir sa propre législation en la matière.
Des tentatives de coordination ont eu lieu dans la mesure où la politique d'immigration d’un État membre peut avoir des répercussions sur les autres en raison de la libre circulation des personnes au sein de l’UE. Les institutions européennes ont ainsi pu définir des orientations et des principes généraux sur la politique migratoire.
En 2008, l’UE a adopté le Pacte européen sur l'immigration et l'asile afin d'instaurer en matière d’immigration un certain nombre de principes communs (règles claires et efficaces, meilleure politique d’intégration, politique de visas servant les intérêts de l’UE) et d'intensifier la lutte contre l'immigration illégale. Le Réseau européen des migrations a également été créé pour fournir des "informations actualisées, objectives, fiables et comparables en matière d'immigration et d'asile aux institutions européennes, aux pays de l'UE et au grand public".
Également adoptée en 2008, la directive d'harmonisation dite "retour" instaure un cadre commun sur la politique de retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier sur le territoire d'un État membre (décision de retour, départ volontaire, éloignement, rétention...).
En 2011, la Commission européenne adopte une "approche globale de la question des migrations et de la mobilité" qui se fonde sur quatre piliers :
- l’immigration légale et la mobilité ;
- l’immigration illégale et la traite des êtres humains ;
- la protection internationale et la politique d’asile ;
- la maximisation de l’impact des migrations et de la mobilité sur le développement.
À la suite de la crise migratoire en Méditerranée de 2015 et des nombreuses pertes humaines qui en ont résulté, la Commission a adopté un agenda européen en matière de migration dont la priorité est de lutter contre le trafic de migrants et l'immigration irrégulière.
Le 14 mai 2024, le nouveau Pacte européen sur la migration et l'asile a été adopté. Il est en vigueur depuis le 12 juin 2026 et vise notamment à renforcer la protection des frontières extérieures de l'UE et la lutte contre l'immigration illégale. La solidarité entre les États membres en cas de "pression migratoire" constatée sur l'un ou plusieurs d'entre eux est également garantie.
Le 29 janvier 2026, la Commission a présenté sa toute première stratégie quinquennale en matière de migration. Elle s'axe autour de cinq priorités :
- le renforcement de la diplomatie migratoire ;
- la solidité des frontières de l'UE ;
- un système d'asile et de migration ferme, équitable et adaptable ;
- un retour et une réadmission plus efficaces ;
- la mobilité de la main-d'œuvre et des talents.