Les maisons d’arrêt reçoivent :
- les prévenus en attente de leur procès, placés en détention provisoire ;
- les détenus condamnés à une peine d’emprisonnement inférieure à deux ans (ou dont le reliquat de peine, c’est-à-dire la durée de peine restant à purger, est inférieur à deux ans).
Selon les chiffres clés de la justice en 2025, les 73 maisons d'arrêt ont un taux d'occupation de 149,3%. L'encellulement individuel pour tous n'y est donc pas respecté.
Les établissements pour peine reçoivent les condamnés à de longues peines (au moins deux ans). Ces établissements sont soumis à un numerus clausus (le nombre de personnes est limité) et le principe de l’encellulement individuel y est respecté.
Il existe différents établissements pour peine :
- 28 centres de détention, qui accueillent des détenus présentant les meilleures perspectives de réinsertion sociale. Le régime de détention est principalement orienté vers la resocialisation des détenus ;
- 5 maisons centrales, destinées à recevoir les détenus dont les peines sont très longues. Le régime de détention y est essentiellement axé sur la sécurité ;
- 12 centres de semi-liberté destinés à accueillir des détenus bénéficiant d’un aménagement de peine : ils jouissent d’horaires de sorties fixés par le juge.
Certains des établissements peuvent être regroupés dans un centre pénitentiaire, qui abrite au moins deux quartiers caractérisés par des régimes de détention différents. Un centre pénitentiaire peut ainsi regrouper une maison d’arrêt, un centre de détention et/ou une maison centrale. Il existe 60 centres de ce type en France.
Des établissements spécialisés ont été créés pour l'incarcération de publics spécifiques :
- pour les mineurs âgés de 13 à 18 ans, il existe 6 établissements pénitentiaires spécialisés pour mineurs, créés par une loi du 9 septembre 2002 et ouverts depuis 2007. 866 mineurs y étaient détenus au 1er janvier 2026 (source : Statistiques de la population détenue et écrouée, Ministère de la justice) ;
- pour les personnes détenues nécessitant une hospitalisation, il existe 8 unités hospitalières sécurisées interrégionales (UHSI) et 9 unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA). Un établissement public de santé national est également implanté à Fresnes (EPSNF). Il est spécifiquement réservé à l’hospitalisation (hors urgence et hors psychiatrie) des personnes détenues (condamnées ou prévenues).
Le saviez-vous ?
La loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic crée des quartiers sécurisés de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) pour les narcotrafiquants dans lesquels s'applique un régime strict de détention :
- parloirs avec dispositif de séparation sauf exceptions ;
- fouilles intégrales systématiques après tout contact physique avec une personne extérieure, sous certaines réserves émises par le Conseil constitutionnel tenant au respect de la dignité de la personne humaine.
Deux prisons de haute sécurité ont été mises en place : l'une à Vendin-le-Vieil et l'autre à Condé-sur-Sarthe.