L’Union européenne (UE) ne dispose pas d’une armée commune telle que l’avait, par exemple, prévu le projet de Communauté européenne de défense (CED) rejeté par la France en 1954. Elle n'a pas été conçue comme une puissance militaire. La défense demeure une prérogative nationale. L'article 4 du Traité sur l'Union européenne (TUE) indique explicitement que "la sécurité nationale reste de la seule responsabilité de chaque État membre".
L’UE se dote néanmoins de moyens lui permettant de favoriser son approvisionnement en équipement de défense et d'assurer une autonomie stratégique européenne. À cet effet, elle dispose d'une base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) depuis 2007.
Sans aller jusqu'à la mise en place d'une armée européenne, l'adoption du traité de Lisbonne a constitué une étape importante dans le développement de la politique de défense de l'UE. Ce traité, entrée en vigueur en 2009, a renforcé la politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC). Depuis, l'UE souhaite approfondir la coopération et la stratégie commune des États membres en matière de défense.
La création du Fonds européen de défense en 2021 pour financer la recherche et le développement de programmes industriels dans le domaine de la défense et le plan ReArm Europe, rebaptisé Readiness 2030 s'inscrivent dans cette stratégie.
L'Europe de la défense ne vise pas aujourd’hui à constituer une armée européenne qui se substituerait aux armées nationales. La défense de l’UE passe par ses États membres et par l’Organisation du traité Atlantique Nord (OTAN).
En 2014, la menace terroriste et l’attitude de la Russie à l'égard de l'Ukraine ont conduit, en mars 2015, la Commission européenne à relancer la réflexion sur la création d’une "armée commune" européenne.
L'offensive lancée par la Russie contre l'Ukraine en 2022 a réouvert ce débat et souligné la nécessité pour l'UE de renforcer sa stratégie de défense.
L'UE a ainsi introduit de nouveaux instruments tels que :
- la boussole stratégique : plan d'action visant à renforcer la politique commune de sécurité et de défense d'ici à 2030 ;
- ReArm Europe, rebaptisé Readiness 2030 : plan présentant des moyens pour soutenir les investissements dans le domaine de la défense ;
- le Livre blanc pour une défense européenne - préparation à l'horizon 2030 : définit une nouvelle approche stratégique de la défense dans l'UE et recense les besoins d'investissement ;
- SAFE (Security for action for Europe) : instrument accordant aux États membres des prêts pouvant atteindre 150 milliards d'euros pour financer leurs investissements dans la défense (auquel s'est joint le Canada).
Plusieurs dispositions européennes prévoient des mécanismes de réaction en cas d'attaques dirigées contre l'Union européenne.
Tout d'abord, l'article 42 § 7 du traité sur l'Union européenne (TUE) prévoit une clause de défense mutuelle selon laquelle les États membres de l'UE doivent fournir "aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir" à un État membre faisant l'objet d'une agression armée sur son territoire. Cette disposition est conforme à l'article 51 de la Charte des Nations unies qui consacre le "droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective".
L'article 222 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) établit une clause de solidarité entre ses États membres. Cette disposition ne s'applique néanmoins qu'en cas d'attaque terroriste commis contre un État membre ou de catastrophe naturelle ou humaine.
Le traité de l'Atlantique Nord, auquel 23 des 27 États membres de l'UE sont parties (l'Autriche, Chypre, l'Irlande et Malte n'en sont pas parties), prévoit à son article 5 une défense collective. Ainsi, une attaque armée contre une partie de l'OTAN "sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties". Chaque partie de l'OTAN portera assistance à la partie attaquée.
Malgré l'existence de ces mécanismes, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé lors de son discours du 16 septembre 2026 sur l'état de l'Union vouloir créer un "protocole de sécurité d'urgence" afin d'apporter une réponse européenne coordonnée et rapide en cas d'attaque contre un État membre de l'UE. Elle souhaite également la création d'un "Conseil européen de sécurité" qui réunirait les États membres et des partenaires comme le Royaume-Uni ou le Canada.