Inspiré de l’Ombudsman scandinave, le Défenseur des droits est une autorité constitutionnelle indépendante instituée par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 et par la loi du 29 mars 2011. Il est chargé de veiller au respect des droits et libertés des citoyens par les administrations et organismes publics.

Issu de la fusion de plusieurs autorités administratives indépendantes (dont le Médiateur de la République et le Défenseur des enfants), le Défenseur des droits a vocation à intervenir sur des sujets très divers, comme les relations avec l’administration, les discriminations, la protection de l’intérêt de l’enfant, la déontologie des forces de police et, depuis 2016, la protection des lanceurs d'alerte.

Le Défenseur des droits est nommé pour six ans par le président de la République après audition parlementaire. La fonction est occupée depuis 2014 par Jacques Toubon. Il est assisté de trois adjoints et d’une vingtaine de magistrats et personnalités qualifiées, organisés en trois collèges par domaine de compétence. L'institution comprend en outre quelque 500 délégués bénévoles répartis sur l'ensemble du territoire.

Toute personne peut saisir directement et gratuitement le Défenseur de droits par simple lettre. À l’instar des AAI, celui-ci dispose de pouvoirs d’enquête élargis (audition, communication de pièces). Après examen de la situation litigieuse, il peut privilégier un règlement amiable en formulant des recommandations, ou, s’il estime qu’une faute a été commise, solliciter l’engagement de poursuites disciplinaires auprès de l’autorité compétente. Il peut enfin présenter des observations devant les juridictions judiciaires et administratives à l’appui d’un réclamant.

D'abord critiquée pour la trop grande variété de ses attributions, cette autorité constitutionnelle d’un genre nouveau a incontestablement trouvé sa légitimité institutionnelle : en 2018, le Défenseur des droits a été saisi de près de 96 000 réclamations et a traité quelque 91 000 demandes, aboutissant dans environ 80 % des cas à un règlement amiable.