La Constitution attribue au président de la République le pouvoir de désigner librement le Premier ministre. L'article 8 dispose : "Le président de la République nomme le Premier ministre". Le contreseing des membres du Gouvernement n’est pas nécessaire sur le décret présidentiel de nomination du Premier ministre. C'est un pouvoir propre.
Lors des périodes de cohabitation (majorité parlementaire à l'Assemblée nationale opposée au président de la République), le président de la République a nommé un Premier ministre issu de la nouvelle majorité : Jacques Chirac en 1986, Édouard Balladur en 1993 et Lionel Jospin en 1997.
En l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue des élections législatives 2024, le président de la République a pleinement exercé son pouvoir propre en nommant Michel Barnier Premier ministre.
Une différence importante existe entre la procédure de désignation du Premier ministre sous la Ve République et les pratiques des Républiques précédentes. Sous les IIIe et IVe Républiques, le chef du Gouvernement nouvellement nommé par le chef de l’État devait obtenir l’investiture de la Chambre, c’est-à-dire un vote de confiance entérinant la composition de la nouvelle équipe gouvernementale.
La Constitution de 1958 prévoit, dans son article 49, que "le Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, engage sa responsabilité sur son programme". Mais l’usage le dispense de se présenter de manière systématique devant l’Assemblée nationale pour obtenir l’investiture. En dehors des périodes de cohabitation, la nomination par le chef de l’État est considérée comme suffisante pour légitimer le Gouvernement nouvellement désigné. En septembre 2025, le gouvernement de François Bayrou a été renversé sur un vote de confiance, une première sous la Ve République.