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Qu'est-ce qu'un cavalier législatif ?

Institutions de la République

Temps de lecture  3 minutes

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L’essentiel

  • Un cavalier législatif (ou un cavalier budgétaire ou un cavalier social) est une mesure introduite par un amendement dans une loi en préparation (projet ou proposition de loi) qui n’a aucun lien avec le texte en question. 
  • Le Parlement exerce un contrôle sur les cavaliers législatifs. 
  • Le Conseil constitutionnel a le pouvoir de rejeter tout amendement qu'il identifierait comme étant un cavalier législatif, afin de garantir la cohérence du texte. Au fil du temps, la censure des cavaliers législatifs est devenue de plus en plus courante. 

En détail

Un cavalier législatif est une disposition introduite par amendement, lors de l'examen d'un projet ou d'une proposition de loi par le Parlement, et qui n'a aucun lien direct ou indirect avec le sujet dont traite le texte. L’article 45 de la Constitution dispose : "tout amendement est recevable en première lecture dès lors qu’il présente un lien, même indirect, avec le texte déposé ou transmis". Le législateur doit donc veiller à la cohérence du texte étudié. 

Le Conseil constitutionnel est l’institution qui s’assure de la conformité des lois à la Constitution. À ce titre, il a le pouvoir de rejeter tout article ou amendement qu’il identifierait comme étant un cavalier législatif. 

Le contrôle des cavaliers législatifs s'exerce notamment au Parlement puisque les amendements déposés sont soumis à un contrôle de recevabilité. La Constitution prévoit 3 cas d'irrecevabilité :

  • article 41 : "s’il apparaît au cours de la procédure législative qu’une proposition ou un amendement n’est pas du domaine de la loi […], le Gouvernement ou le président de l’assemblée saisie peut opposer l’irrecevabilité"
  • article 40 : les amendements ne sont pas recevables "lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques soit la création ou l’aggravation d’une charge publique" ;
  • article 45.

Lors de l'examen d'un texte en commission, c'est le président de la commission qui apprécie la recevabilité d'un amendement. Lors de l'examen d'un texte en séance publique, la recevabilité d'un amendement est appréciée par le président de la séance.

Le Conseil constitutionnel censure les cavaliers législatifs. Avant la révision constitutionnelle de 2008 qui a notamment modifié l'article 45 de la Constitution, le Conseil avait, dans sa décision du 13 décembre 1985, rappelé l’exigence constitutionnelle d’un lien entre un amendement et un texte en discussion. 

Au fil du temps, la censure des cavaliers législatifs est devenue de plus en plus courante dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Par exemple : 

  • lors de l'examen de la loi immigration promulguée en janvier 2024, il a censuré 35 articles (dont 32 identifiés comme cavaliers législatifs) sur 86. Il a estimé que le simple lien avec le sujet de l’immigration n’était pas suffisant et que chaque amendement, pour être recevable, devait être lié à un article du projet de loi initial ;
  • en contrôlant la constitutionnalité de la loi de simplification de la vie économique, il a, dans sa décision du 21 mai 2026, censuré 25 articles sur 84 de la loi, ajoutés par amendements et sans lien, même indirect, avec certaines dispositions du projet de loi initial (en particulier l’article 37 concernant la suppression des zones à faibles émissions - ZFE).

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Qu'est-ce qu'un cavalier législatif ?

29 mai 2026   - Temps de lecture  2 min

Bonjour, je suis Delphine, rédactrice pour le site Vie publique et je vais vous expliquer ce qu’est un 
cavalier législatif.

Alors comment le définir ?

Un cavalier législatif (ou cavalier budgétaire ou encore cavalier social) est une disposition introduite par amendement dans un texte de loi et qui n'a aucun lien direct ou indirect avec le sujet du texte. Selon la Constitution : "tout amendement est recevable en première lecture dès lors qu’il présente un lien, même indirect, avec le texte déposé ou transmis". Le législateur doit donc veiller à la 
cohérence du projet ou de la proposition de loi étudié. 

Qui contrôle la recevabilité de cet amendement ?

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, le Conseil constitutionnel peut rejeter tout article ou amendement qu’il identifie comme un cavalier législatif. 

Avant cette réforme, le Conseil avait déjà  consacré l’exigence constitutionnelle d’un lien entre un amendement et un projet de loi en discussion dans une décision du 13 décembre 1985, définissant ainsi des limites au droit d’amendement. Le Conseil constitutionnel censure notamment :

  • les "cavaliers budgétaires", inscrits dans une loi de finances ; 
  • les "cavaliers sociaux", inscrits dans une loi de financement de la sécurité sociale.

Au fil du temps, la censure des cavaliers législatifs est devenue de plus en plus courante. Par exemple, lors de l'examen de la loi immigration promulguée en janvier 2024, le Conseil constitutionnel a censuré 35 articles sur 86 dont 32 identifiés comme cavaliers législatifs. 

Le contrôle des cavaliers législatifs s’effectue aussi au Parlement. Les règlements de l'Assemblée 
nationale et du Sénat prévoient en effet que les amendements sont recevables à la condition de 
présenter un lien, même indirect, avec le texte examiné. 

L'intensification du contrôle constitutionnel des cavaliers législatifs vise aussi à lutter contre 
l’inflation des amendements. Cette évolution est toutefois contestée par certains parlementaires qui y voient une restriction de leur pouvoir d'amendement.

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