Le terme de gouvernement mondial désigne une institution politique qui définirait les orientations pour l’ensemble de la planète. Cette idée correspond à la conviction que les enjeux sont désormais globaux (environnement, pandémies, migrations…) et doivent être traités collectivement. Ce mode de gouvernement permettrait en théorie de faire émerger des solutions transnationales, l’échelle étatique n’apparaissant plus comme pertinente.

Pour ses défenseurs, ce gouvernement serait démocratique et fédéral. Philosophiquement, il s’inspire des projets de paix perpétuelle ou encore du principe du cosmopolitisme et d’universalisme d’Emmanuel Kant (1724-1804). Après la Seconde Guerre mondiale, l’ONU a pu apparaître comme une préfiguration de gouvernement mondial, avec des institutions spécialisées rappelant les thématiques prises en charge au niveau national par les ministères (agriculture, éducation…). La Charte de l’ONU serait alors une sorte de constitution mondiale, or elle n’est contraignante que tant que les États souverains acceptent de s’y soumettre. Dans l’esprit du temps, en 1948, des chercheurs de l’université de Chicago, menés par Robert Hutchins, avaient publié un Projet de constitution mondiale, devant précéder la fondation d’une république fédérale internationale.

Sur le plan théorique, le gouvernement mondial est critiqué pour sa dimension utopiste et son potentiel tyrannique. En outre, au lieu de marginaliser les États, la mondialisation les amène à renforcer leur rôle protecteur et régulateur. Leur capacité à émettre des normes permet de limiter le creusement des inégalités induit par la mondialisation. Enfin, le retour identitaire et la méfiance envers ces aspirations universalistes entraînent une nouvelle fragmentation de l’espace mondial. Cette résistance des États et du local est un défi majeur au projet de gouvernement mondial.

On pourrait alors en retenir un des aspects, celui de « gouvernance mondiale », consistant à coordonner les initiatives des entités étatiques et non étatiques face aux défis contemporains, mais prenant en considération, contrairement au gouvernement mondial, une multiplicité d’acteurs.