La sécurité collective repose sur un principe d’interdiction du recours à la force, associé à un système de solidarité destiné à garantir la sécurité des États contre toute agression armée. Dans ces conditions, toute agression ou menace d’agression contre un État constituent une atteinte à la paix et à la sécurité de tous les États qui doivent alors apporter leur soutien à l’État agressé. Elle se caractérise par une dimension essentiellement militaire soutenue par un processus de concertation et de décision politique plus ou moins institutionnalisé. La Société des Nations ou les Nations unies constituent des exemples d’institutionnalisation de la sécurité collective.

Cette garantie est de nature dissuasive et défensive ; elle est également générale puisqu’elle regarde l’ensemble des États. Elle se différencie donc d’une alliance militaire dans le sens où elle concerne tout comportement contrevenant à l’interdiction du recours à la force, quel qu’en soit l’auteur. Ainsi, un État décidant d’enfreindre cette interdiction ne saurait en principe être à l’abri de la réaction des autres États.

Le bon fonctionnement d’un système de sécurité collective requiert l’entente des États qui le mettent en œuvre, et notamment des plus puissants d’entre eux. Leur désaccord peut en effet le paralyser en bloquant toute décision d’action collective contre un État contrevenant à l’interdiction du recours à la force. Enfin, on peut constater que le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies leur permet de se prémunir contre toute condamnation ou décision de cet organe qui leur seraient défavorables dans le cadre de la mise en œuvre du système de sécurité collective.